Tony Montana, héros des cités
Nicolas Lesoult propose une lecture éblouissante de la banlieue à travers
le mythe de « Scarface ».
dans l’hebdo N° 1141 Acheter ce numéro

Après Howard Hawks, en 1932, Brian de Palma tournait en 1983 un remake de Scarface. Dans le rôle de Tony Montana, Al Pacino. Scarface, ou la grandeur d’un malfrat d’origine cubaine, sorti de la fange épaisse à la force du flingue – et surtout la force de vouloir s’en sortir. Sa décadence et sa folie, exprimées dans un bain de sang, n’y changeront rien : Montana a bel et bien marqué les esprits en banlieue, déclenché une ferveur sans comparaison avec aucun autre film. Un phénomène inoxydable, partie prenante de la culture des cités, trente ans encore après la sortie du film, d’une génération à l’autre.
« Scarface est un mythe, estime face caméra Michel Kokoreff, sociologue, parce qu’il représente l’ascension d’un pauvre d’un