Sarkozy, la fuite en avant
A la veille du sommet européen, le président français et la chancelière allemande choisissent d’institutionnaliser la perte de souveraineté budgétaire pour les États de la zone euro, et d’aller vers toujours plus d’austérité.
dans l’hebdo N° 1180 Acheter ce numéro
Un nouveau traité européen instituant une règle d’or « renforcée » et autorisant des « sanctions automatiques » et « immédiates » contre les États membres de l’Union européenne dont le déficit dépasserait les 3 % du produit intérieur brut (PIB). Voilà, en résumé, ce que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont décidé, lundi, de proposer à l’ensemble de leurs partenaires européens, réunis cette fin de semaine à Bruxelles.
Plutôt bien accueillie dans certaines capitales européennes, la proposition franco-allemande est jugée assez sévèrement en France. À l’exception de l’UMP, ce nouveau traité est jugé incapable de répondre à l’urgence d’une crise financière qui menace de faire voler en éclats l’euro et la construction européenne. Il est perçu de surcroît comme dangereux puisqu’il vise à institutionnaliser une politique d’austérité et des remèdes qui ont échoué en Grèce.
Son annonce n’a pas non plus convaincu les agences de notation. Quelques