Les faux culs du traité européen
Florilège non exhaustif des retournements de veste, de la mauvaise foi, des hypocrisies et incohérences auxquels le vote de ratification du traité budgétaire européen donne lieu à gauche.
dans l’hebdo N° 1220 Acheter ce numéro
Comment justifier l’adoption d’un texte jugé, il y a cinq mois encore, « dangereux », « inutile », « antidémocratique » ? À cette question, le gouvernement, les responsables socialistes et quelques figures d’Europe Écologie-Les Verts essaient de répondre tant bien que mal. Et plutôt mal que bien. Comme ces femmes d’antan qui portaient des rembourrages sous leur robe pour augmenter le volume de leur postérieur, ces nouveaux partisans du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSCG) gonflent leur discours de toutes sortes d’artifices pour justifier leur approbation d’un texte inchangé. À quelques jours du vote de ratification, les faux culs se multiplient au sein de la gauche.
Les anciens « nonistes » en sont les adeptes les plus voyants. Avant d’être ministre délégué aux Affaires européennes, le Cherbourgeois Bernard Cazeneuve a été, comme son mentor et ministre de tutelle, Laurent Fabius, un opposant au traité constitutionnel européen et à celui de Lisbonne. Au nom d’une réorientation de l’Europe qui, assure-t-il, est maintenant en bonne voie avec l’élection de François Hollande. Ardent défenseur d’un « oui de résistance », il exhorte les parlementaires de la majorité à « ne pas se focaliser sur un texte que nous avons réussi à