Non-violence et autogestion aux grandes heures du PSU

Un livre d’entretiens revient sur l’histoire du Parti socialiste unifié, qui a épousé toutes les causes emblématiques des années 1960 et 1970.

Politis  • 11 avril 2013 abonné·es
Non-violence et autogestion aux grandes heures du PSU
Mon PSU , Guy Philippon, dialogue avec Stéphane Sitbon-Gomez, Les petits matins, 320 p., 20 euros.

Trente ans de combats à gauche, du printemps 1960 à la fin de l’année 1989. Le PSU, improbable mélange de déçus de la SFIO, de marxistes révolutionnaires et de chrétiens sociaux, aura épousé toutes les causes emblématiques de ces riches années : la décolonisation, Mai 68, le contrôle ouvrier, le mouvement des femmes, les premières luttes environnementales… L’histoire du « Parti socialiste unifié » est racontée dans un livre par l’un de ses fondateurs et militants, Guy Philippon (sous la forme d’entretiens avec Stéphane Sitbon-Gomez), qui a vécu l’aventure de bout en bout avant que cette formation ne choisisse de s’effacer, victime de la bipolarisation de la vie politique. Entre portraits de personnalités, récits de coulisses politiques, grands événements et anecdotes cocasses, c’est une vie d’engagements qui est ici déroulée. De quoi raviver des souvenirs pas si anciens. Extraits.

Paix avec l’Algérie

Dès sa fondation, en 1960, le PSU est le seul à organiser des manifs. Est-ce que déjà vous vous mobilisez « pour la paix avec l’Algérie » – et non pas en Algérie ?

C’était une bataille subtile mais très significative. Dans les manifs, notre slogan était « Paix avec l’Algérie ». Quand le PC a daigné y participer – ce qu’il n’a pas fait tout de suite –, son slogan était « Paix en Algérie ». C’était pour le moins ambigu, parce que tout le monde, évidemment, souhaitait la paix en Algérie, y compris et surtout les partisans de l’Algérie française.

Le PSU est donc tout seul sur cette question de l’Algérie. Est-ce que les Français s’y intéressent ?

Pendant toute une période, l’opinion publique ne s’y intéressait pas vraiment. Elle commencera à le faire quand il y aura l’appel du

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »
Entretien 15 avril 2026 abonné·es

Marc-André Selosse : « S’occuper de la biodiversité est une preuve d’humanisme »

Le professeur de microbiologie au Muséum national d’histoire naturelle plaide pour la reconnexion de notre société au vivant, et l’émergence d’alternatives agroécologiques pour protéger le monde agricole et les citoyens des ravages des pesticides. Dans De la biodiversité comme un humanisme, petit livre très accessible, il allie vulgarisation et la défense de la biodiversité.
Par Vanina Delmas
« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »
Entretien 8 avril 2026 abonné·es

« Giorgia Meloni a pris une place centrale dans l’internationale des nationalismes »

Nicola Fratoianni, le codirigeant d’Alleanza Verdi e Sinistra (Alliance des Verts et de la Gauche) se réjouit de la victoire du « non » au référendum sur la réforme de la justice voulue par le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Ce sursaut constitue pour lui un espoir pour le bloc progressiste.
Par Olivier Doubre
La misogynie comme stratégie politique
Analyse 8 avril 2026 abonné·es

La misogynie comme stratégie politique

Face à la progression des droits des femmes, l’hostilité à leur égard est devenue un levier électoral à activer, jouant sur les frustrations masculines. Décryptage d’un outil populiste qui oriente les manières de gouverner.
Par Juliette Heinzlef
Écrire « après » : une philosophie révolutionnaire
Idées 3 avril 2026 abonné·es

Écrire « après » : une philosophie révolutionnaire

Yuna Visentin retrace l’histoire des pensées juives pour affirmer leur force dans les luttes pour l’émancipation humaine et l’égalité. En premier lieu à l’égard du peuple palestinien.
Par Olivier Doubre