Des manuels scolaires sous influence

L’historienne Sandrine Mansour-Mérien montre, à partir de l’étude d’ouvrages de terminale, le poids de la propagande israélienne.

Denis Sieffert  • 9 mai 2013 abonné·es
Des manuels scolaires sous influence

Face à un sujet aussi passionnel que le conflit israélo-palestinien, qui appartient autant à l’actualité qu’à l’histoire, les livres scolaires devraient exposer à tout le moins les points de vue en présence. C’est hélas loin d’être le cas, comme l’a démontré, dans un document préparatoire à un colloque, Sandrine Mansour-Mérien. L’historienne a passé au crible sept ouvrages de terminale parmi les plus utilisés [^2].

Le « partage » : un refus arabe incompréhensible

Le vote de l’ONU, le 29 novembre 1947, appelé souvent « plan de partage », donne notamment lieu à une présentation plus que contestable. Sandrine Mansour-Mérien regrette que les livres scolaires n’inscrivent jamais ce « plan de partage » dans l’histoire d’un projet colonial déjà très avancé. Ainsi, le Nathan Le Quintrec note sèchement : « Le plan de partage de l’ONU est rejeté par les Arabes  […]. Pour sécuriser les implantations juives, les autorités sionistes ordonnent la destruction de villages arabes et l’expulsion de leurs habitants (Plan Daleth) » (p. 264). Le « refus arabe » apparaît comme étant à l’origine de la destruction des villages arabes. On ne dit rien du plan lui-même ni de ce que certains historiens israéliens, comme Ilan Pappé, ont qualifié de « nettoyage ethnique ». Le Hachette reprend ce même argumentaire : « Le refus du plan de partage de la Palestine par les Arabes, qui prennent les armes, entraîne des affrontements avec les Juifs, à la fin du mandat britannique » (p. 258). Le Belin va jusqu’à renverser la chronologie : « Le plan de partage du 29 novembre 1947 est refusé par les Arabes.  […]. Les États arabes voisins, réunis dans la Ligue arabe créée en 1945, attaquent les

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Idées
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

« La hausse des droits de douane se répercute sur les ménages américains les plus modestes »
Entretien 25 février 2026 abonné·es

« La hausse des droits de douane se répercute sur les ménages américains les plus modestes »

Christophe Blot, économiste à l’OFCE, spécialiste des États-Unis, explique pourquoi les plus modestes sont ceux qui, principalement, payent la hausse des tarifs douaniers brandie par Donald Trump.
Par Olivier Doubre
Susan George, grande conscience de « notre » gauche
Disparition 23 février 2026 abonné·es

Susan George, grande conscience de « notre » gauche

Retour sur le parcours de la fondatrice du mouvement altermondialiste, décédée le 14 février à 91 ans.
Par Olivier Doubre
Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »
Entretien 18 février 2026 abonné·es

Fiona Mille : « Les Jeux olympiques empêchent de penser d’autres possibles »

La présidente de l’association Mountain Wilderness France bataille avec d’autres citoyens pour que les Jeux olympiques d’hiver 2030 n’aient pas lieu en France. Dans son livre Réinventons la montagne, elle imaginait trois scénarios pour les territoires montagneux, dont un qui anticipe la raréfaction de la neige et imagine un avenir écologique des stations de ski.
Par Vanina Delmas
Gisèle Pelicot, le déni dans la joie
Chronique illustrée 17 février 2026 abonné·es

Gisèle Pelicot, le déni dans la joie

Après avoir été élue femme de l’année par le Time en 2025, proposée au prix Nobel de la Paix, décorée de la Légion d’honneur, Gisèle Pelicot devient le phénomène littéraire qu’on attendait. « La Grande Librairie », Elle, Le Nouvel Obs, Le Figaro, Le Monde, la presse étrangère… tout le monde doit être témoin de la « résilience » de Mme Pelicot, sublimée par le titre Et la joie de vivre.
Par Cécile Cée