Des manuels scolaires sous influence
L’historienne Sandrine Mansour-Mérien montre, à partir de l’étude d’ouvrages de terminale, le poids de la propagande israélienne.
dans l’hebdo N° 1252 Acheter ce numéro

Face à un sujet aussi passionnel que le conflit israélo-palestinien, qui appartient autant à l’actualité qu’à l’histoire, les livres scolaires devraient exposer à tout le moins les points de vue en présence. C’est hélas loin d’être le cas, comme l’a démontré, dans un document préparatoire à un colloque, Sandrine Mansour-Mérien. L’historienne a passé au crible sept ouvrages de terminale parmi les plus utilisés [^2].
Le « partage » : un refus arabe incompréhensibleLe vote de l’ONU, le 29 novembre 1947, appelé souvent « plan de partage », donne notamment lieu à une présentation plus que contestable. Sandrine Mansour-Mérien regrette que les livres scolaires n’inscrivent jamais ce « plan de partage » dans l’histoire d’un projet colonial déjà très avancé. Ainsi, le Nathan Le Quintrec note sèchement : « Le plan de partage de l’ONU est rejeté par les Arabes […]. Pour sécuriser les implantations juives, les autorités sionistes ordonnent la destruction de villages arabes et l’expulsion de leurs habitants (Plan Daleth) » (p. 264). Le « refus arabe » apparaît comme étant à l’origine de la destruction des villages arabes. On ne dit rien du plan lui-même ni de ce que certains historiens israéliens, comme Ilan Pappé, ont qualifié de « nettoyage ethnique ». Le Hachette reprend ce même argumentaire : « Le refus du plan de partage de la Palestine par les Arabes, qui prennent les armes, entraîne des affrontements avec les Juifs, à la fin du mandat britannique » (p. 258). Le Belin va jusqu’à renverser la chronologie : « Le plan de partage du 29 novembre 1947 est refusé par les Arabes. […]. Les États arabes voisins, réunis dans la Ligue arabe créée en 1945, attaquent les