« l’Inconnu du lac », d’Alain Guiraudie : « L’Homme avec un grand H »
Avec l’Inconnu du lac, Alain Guiraudie réenchante la libération sexuelle à travers l’amour passion.
dans l’hebdo N° 1257 Acheter ce numéro
L’Inconnu du lac fut l’un des plus beaux films de Cannes. Il aurait eu toute sa place en compétition, mais Alain Guiraudie se dit ravi d’avoir été sélectionné dans la section Un certain regard, à l’abri de l’hystérie qui accompagne la course à la palme. Le film y a obtenu un prix de la mise en scène amplement mérité. Quelques semaines plus tard, alors que l’Inconnu du lac sort sur les écrans, l’occasion était belle de parler cinéma et politique, homosexualité et libération sexuelle, marge et centre, ou singularités et universel.
Avez-vous décidé a priori de faire un film dans un lieu unique ou cela s’est-il imposé à l’écriture ?
Alain Guiraudie : C’était présent dès le début. J’ai conçu l’Inconnu du lac comme cela. J’avais envie de simplicité et je voulais quelque chose de très sensuel : cela ne pouvait se dérouler qu’en extérieur, pas dans des appartements, des chambres ou des cuisines…
Pourquoi un lac ?
Je ne suis pas allé chercher ce projet loin dans mon imagination. Je me suis appuyé sur un lieu que je fréquente. Les personnages sont des gens que je connais ou dont on m’a parlé. Un lac ? Parce que c’est extrêmement sensuel et en même temps très inquiétant : un lac, on peut y disparaître jusqu’à la prochaine sécheresse (rires)…
Ce film est-il le plus homosexuel que vous ayez fait ?
Oui. J’ai toujours tourné autour du pot de la sexualité entre hommes. En étant dans la fantaisie, l’amour amitié, l’amour joueur. Là, il s’agissait de lâcher les chevaux sur le sexe, sur l’homosexualité, y compris d’affronter ma propre sexualité. Et de parler de l’amour passion.
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