Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon : « La guerre aux salariés va continuer »
Les sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon décrivent les formes de violence exercées par les dominants.
dans l’hebdo N° 1269 Acheter ce numéro
Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon avaient porté vivement l’estocade au précédent pouvoir sarkozyste avec leur désormais célèbre le Président des riches. Leur nouvel ouvrage, la Violence des riches, est un essai rigoureux qui se veut une analyse globale du système de classes néolibéral où les élites allient délinquance fiscale, irresponsabilité et, surtout, avidité méprisante pour les dominés.
Vous décrivez la violence de l’économie néolibérale mondialisée et financiarisée. Ce système repose d’abord sur la peur des salariés, qui ne savent même plus qui est vraiment leur patron…
M. Pinçon et M. Pinçon-Charlot : La peur se décline de multiples manières. Mais il est vrai que l’invisibilité, l’opacité, désormais, de ceux qui dirigent, qui possèdent les entreprises, sont telles que cela crée de la peur, de l’insécurité, du chantage. Et surtout, in fine, la paralysie de la pensée et de l’action chez les travailleurs. Ce phénomène empêche de formuler une cohérence identitaire de classe, ce qui entraîne une sorte de fatalisme constitué