Judith Butler : « Israël n’est certainement pas une démocratie »

La philosophe Judith Butler, connue pour ses travaux sur le genre, publie un vif essai sur le sionisme.

Olivier Doubre  • 14 novembre 2013 abonné·es

Dans Vers la cohabitation. Judéité et critique du sionisme, l’auteure du célèbre Trouble dans le genre relie son engagement féministe et en faveur des droits des gays et des lesbiennes à une vigoureuse critique d’Israël et du sionisme politique tel qu’il est entendu depuis 1948. Synonyme de dépossession et d’oppression pour le peuple palestinien. Elle y montre surtout que toute une part de la pensée philosophique juive de la diaspora, de Walter Benjamin à Hannah Arendt, a théorisé l’expérience de l’exil, commune au peuple juif et au peuple palestinien. Ce qui, avec Edward Saïd, lui permet d’espérer une future cohabitation.

Vous êtes très connue pour vos études sur les questions du genre. Comment êtes-vous passée de ce domaine de recherche à celui de la judéité et d’une critique du sionisme ? Quel est le lien, s’il y en a un ?

Judith Butler : C’est vrai qu’en France je suis d’abord connue en tant que théoricienne du genre. Mais j’ai aussi beaucoup écrit sur bien d’autres sujets, notamment sur Hegel et les problèmes de la reconnaissance. Quoi qu’il en soit, si vous pensez à mon livre Trouble dans le genre  [^2], j’y ai travaillé alors que j’étais affectée par la question des personnes que l’on ne pleurait pas, ou qui n’étaient pas « plaignables ». Je parle ici des victimes de la crise du sida qui frappait durement l’Europe et l’Amérique du Nord – et qui

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