Front commun de la gauche et des écologistes pour soutenir Syriza

Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Clémentine Autain, Cécile Duflot et une poignée de socialistes participent, ensemble, à un meeting de soutien à Syriza, ce soir à Paris.

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L'affiche est assez inédite. À quelques jours des législatives en Grèce, Pierre Laurent (Parti communiste), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Clémentine Autain (Ensemble!) et Cécile Duflot (Europe écologie-Les Verts), seront ce soir les orateurs vedettes d'un « grand meeting unitaire » de soutien au « peuple grec » et au parti de gauche Syriza.Lire > Syriza sur le pied de guerreLe soutien des animateurs du Front de gauche à la formation de gauche grecque était attendu. Syriza est, comme les organisations du Front de gauche, membre du Parti de la gauche européenne que préside le communiste français Pierre Laurent. A ce titre, Alexis Tsipras, qui pourrait prendre la tête du gouvernement grec la semaine prochaine, avait participé début mai 2011, à Paris, à un meeting contre le « pacte euro plus » aux côtés de Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon. Le 21 mai 2012, quand Syriza était déjà aux portes du pouvoir, ces derniers lui avaient organisé une conférence de presse à l'Assemblée nationale (photo), alors que François Hollande, fraîchement élu à l'Elysée refusait de le rencontrer. Plus récemment, Alexis Tsipras était aux élections européennes de l'an dernier le candidat du Front de gauche à la présidence de la Commission européenne. Depuis, les six députés européens de Syriza siègent à Strasbourg au sein du groupe de la Gauche unie européenne (GUE/NGL).

Le soutien de Cécile Duflot est plus surprenant. Sa présence dans ce meeting de soutien reflète certes la prise de distance que l'ancienne ministre du Logement a prise avec le gouvernement depuis l'été. Mais il s'explique surtout par l'évolution de la situation politique en Grèce où vingt-deux candidats des Verts écologistes, la branche grecque du parti des Verts européens, viennent d'intégrer les listes de Syriza, en vue des élections du 25 janvier (A lire sur Le Courrier des Balkans). Un « exemple » grec qui, selon Alexis Tsipras, pourrait avoir valeur de modèle en Europe, comme l'alliance victorieuse de Grenoble aux municipales commence à susciter des rapprochements Front de gauche-EELV pour les élections départementales et régionales, mais aussi en vue de 2017.Lire > « Ouvrir une autre gauche et lui donner une hégémonie »

Organisée au gymnase Japy (Paris XIe) , autour de la section parisienne de Syriza, la réunion publique de ce lundi est appelée par plus d'une trentaine d'organisations politiques (mais pas EELV), syndicales et associatives, et une dizaines de personnalités (voir le tract d'appel). Dont le porte-parole d'EELV Julien Bayou et les socialistes Gérard Filoche et Liem Hoang Ngoc. «La victoire de Syriza peut ouvrir la voie à la fin de la tutelle de la Troïka et de la politique néolibérale d'austérité mise en œuvre par les gouvernements grecs» , souligne les signataires qui fonde p=beaucoup d'espoir sur le résultat des élections du 25 janvier:
«Comme le montrent les manifestations massives au Portugal, en Espagne et plus récemment en Italie, ou la grève générale en Belgique, des solutions européennes et solidaires doivent émerger. La France est concernée. Le changement en Grèce peut ouvrir une nouvelle ère pour tous les Européens.»

Guillaume Balas, député européen socialiste et secrétaire général du courant «Un Monde d'avance» au sein du PS, n'a pas signé ce texte mais devrait néanmoins participer au meeting.
Mi-décembre, il avait fait part sur Twitter de sa « honte » à voir Pierre Moscovici se rendre à Athènes pour soutenir le gouvernement conservateur d'Antonis Samaras. « Guillaume Balas devrait quitter le PS et adhérer au Front de gauche, il serait plus en cohérence » , avait répliqué le commissaire européen aux Affaires économiques. Qui avait également ajouté : « Ce n’est pas Syriza qui est membre du Parti des socialistes européens, c’est le PASOK [au pouvoir en coalition avec les conservateurs de la Nouvelle Démocratie, NDLR]. S’il veut soutenir Syriza, libre à lui, mais il n’est pas dans le bon parti. »


Photo: Conférence de presse d'Alexis Tsipras, organisée par le Front de gauche, à l'Assemblée nationale, le 21 mai 2012 (©Stéphane Burlot).

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