Atermoiements fumeux
Des milliers de morts, des milliards d’euros de coût : problème de santé publique avéré, la pollution de l’air est aussi un gouffre financier. Et la politique française est loin d’être à la hauteur.
dans l’hebdo N° 1354 Acheter ce numéro

Attention, gros chiffres. Les rapports chocs sur la pollution de l’air se succèdent. Le dernier en date, fin avril, émane de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La mauvaise qualité de l’air, dans 53 pays d’Europe et à proximité, a provoqué en 2012 quelque 600 000 décès prématurés par an, dont 482 000 provoqués par la pollution atmosphérique, et 117 200 liés principalement aux émanations des foyers ouverts dans les habitations des régions les plus pauvres. Le total atteint 7 millions de morts à l’échelle mondiale, soit un doublement de l’estimation de l’année précédente. La pollution de l’air est la première cause de morbidité d’origine environnementale, souligne l’OMS.
En raison de la complexité des évaluations, les données naviguent dans des fourchettes assez larges selon les études, mais elles cernent un problème de santé publique de premier ordre. Pour la France, le rapport estime à 17 000 le nombre de morts prématurés (on voit périodiquement circuler le chiffre de 42 000 décès, issu d’une étude européenne fondée sur des données de l’an 2000). Selon l’OMS, les maladies vasculaires (cardiaques et cérébrales) représentent entre 60 et 80 % des