Handicap : l’État paralysé
Les lieux publics et les transports ne sont toujours pas accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les associations dénoncent l’attentisme des politiques publiques. Enquête sur un scandale français.
dans l’hebdo N° 1359 Acheter ce numéro

C’est un retour en arrière de quarante ans. Le 2 juin 2015, les sénateurs ont voté une ordonnance modifiant le volet accessibilité de la loi du 11 février 2005. Celle-ci prévoyait la date butoir du 1er janvier 2015 pour que les établissements recevant du public (ERP) et les transports collectifs assurent un « accès des personnes handicapées aux institutions ouvertes à l’ensemble de la population ». Un principe clair sur le papier, ** qui datait déjà d’une précédente loi votée en 1975. Sauf que, depuis dix ans, cette loi a été suivie de bien peu de décrets d’application, et l’accessibilité n’a pas progressé d’un pouce.
L’ordonnance marque un nouveau recul. Elle alloue en effet trois à neuf années supplémentaires pour la mise en accessibilité des ERP. En contrepartie, ces structures doivent suivre un agenda d’accessibilité programmée (Adap) pour réaliser les travaux nécessaires. Plus graves encore, de nouveaux motifs de dérogations sont prévus par l’ordonnance. Ils s’ajoutent à ceux déjà inscrits dans la loi de