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Grèce : Les exigences ahurissantes de l'Eurogroupe

Les ministres des Finances de la zone euro exigent d'Athènes des abandons de souveraineté. Pour la première fois, l'option d'une sortie de la Grèce de l'euro figure dans un document de l'Eurogroupe.

Pugilat au plus haut niveau à Bruxelles , où les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro s'affrontaient dimanche pour décider du sort de la Grèce: aller vers un nouveau plan d'aide et arrimer le pays dans l'euro, ou le laisser dériver hors de la monnaie unique.

L'enjeu de ce week-end est de parvenir à un accord sur un nouveau plan d'aide à la Grèce, le troisième depuis 2010, pour un montant d'au moins 74 milliards d'euros sur trois ans, en échange de la mise en œuvre par le gouvernement d'Alexis Tsipras d'un plan de réformes impopulaires, incluant une hausse de la TVA, une réforme des retraites et des privatisations.

Auparavant, après deux jours d'une réunion marathon de 14 heures, les ministres des Finances de la zone euro étaient tout juste parvenus à élaborer une feuille de route, non consensuelle, avant de passer le relais aux chefs d'Etat.

Ce document de 4 pages, qui veut imposer à Athènes de nouvelles conditions très dures (photographié ici), estime qu'un troisième plan d'aide à la Grèce devrait peser entre 82 et 86 milliards d'euros et demande à la Commission, au FMI et à la BCE d'essayer d'alléger cette enveloppe en travaillant sur la fiscalité grecque ou les privatisations exigées d'Athènes. Mais il laisse surtout un certain nombre de questions ouvertes (onze en fait) « entre parenthèses » , sur lesquelles les chefs d’État et de gouvernement devaient trancher.

  • Parmi les nouveaux engagements réclamés à Athènes , figure le vote « d'ici le 15 juillet » par le Parlement grec d'un premier volet des mesures promises. Au prétexte de « reconstruire la confiance » entre Athènes et ses créanciers, il s'agit clairement d'un ultimatum, qui ne laisse que 72 heures au gouvernement et au parlement grec pour changer les taux de TVA, réformer les retraites, légiférer sur la procédure civile,  et rendre indépendant l'Office grec des statistiques, ces nouvelles lois constituant un préalable à la reprise des discussions pour un plan d'aide. Selon plusieurs sources, Alexis Tsipras se serait engagé, après un entretien avec Angela Merkel et François Hollande, à faire adopter ces mesures dans le calendrier exigé.

  • L"Eurogroupe fixe à la Grèce l'objectif d'un excédent budgétaire, sans les charges de la dette, de 3,5% du PIB en 2018. Cet objectif qui semblait jusque là hors de portée pour les créanciers implique qu'Athènes va devoir compenser en annonçant d'autres économies.

  • Dans le cadre de cette négociation à venir, « les propositions de réformes grecques doivent être considérablement renforcées pour tenir compte de la forte détérioration économique et budgétaire du pays » , selon le document. Il s'agit schématiquement de libéraliser l'économie, en modifiant par exemple les règles en vigueur dans le secteur énergétique, les retraites, le marché du travail, celles régissant le travail du dimanche, les périodes de soldes, sur les boulangeries ou le commerce du lait...

  • L'Eurogroupe a ainsi ajouté quatre exigences : plus de privatisations, réduire le coût de l'administration, faciliter le travail de surveillance des institutions internationales, et imposer un droit de regard des institutions sur les projets normatifs grecs.

  • Autre humiliation : « Le gouvernement doit consulter et obtenir l'accord des institutions sur tout projet de loi dans certains domaines importants (...) avant de le soumettre à une consultation publique ou au Parlement » , selon le texte de l'Eurogroupe. En clair, il s'agit d'une mise sous tutelle d'un gouvernement démocratiquement élu.

  • Gommer le vote des grecs le 25 janvier : Athènes doit revenir sur certaines des mesures adoptées depuis la victoire électorale de Syriza au début de l'année 2015, demande le document de l'Eurogroupe, ce dernier point n'ayant pas fait l'objet d'un consensus en son sein.

  • Ultime mise sous tutelle , le document de l'Eurogroupe reprendrait l'idée défendue samedi par le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble : la création d’un fonds, sous administration européenne, auquel la Grèce apporterait des actifs publics d’une valeur de 50 milliards d’euros. Ce fonds, conçu sur le modèle du Treuanstalt créé après la réunification allemande pour privatiser les actifs de l’ancienne Allemagne de l’Est, serait basé à Luxembourg, et vendrait ces actifs afin de rembourser une partie de la dette publique grecque, explique Le Soir. Plusieurs sources (voir par exemple ici, ou encore affirment que le fonds en question ne serait autre que KFW qui a pour président... Wolgang Schaüble et au conseil d’administration duquel siège Sigmar Gabriel, président du SPD.

  • Dans le cas où Athènes ne céderait pas, le document de l'Eurogroupe évoque noir sur blanc, et pour la première fois , même si ce passage figure entre crochets, signe qu'il n'a pas fait l'unanimité, l'option d'une « sortie temporaire de la zone euro » de la Grèce , une option évoquée samedi dans un document de travail allemand.
    « En cas d'échec à trouver un accord, la Grèce se verrait proposer de négocier rapidement une sortie temporaire de la zone euro, avec la possibilité de restructurer sa dette » , lit-on dans le document de l'Eurogroupe.

« Humilier un partenaire européen* alors que la Grèce a renoncé à tout ou presque tout est impensable » , voulait croire Matteo Renzi, dans un entretien paru dimanche matin dans Il Messaggero. Le Premier ministre italien se trompait. Gageons que, comme lui, des millions d'européens n'imaginaient pas que l'Eurogroupe demanderait à humilier encore plus un pays qui a déjà perdu 25 % de sa richesse nationale du fait de la politique absurde décidée et imposée par le même Eurogroupe.


Photo: Conseil européen

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