Fabien Truong : « Les jeunes de banlieue doivent se construire contre une image d’eux-mêmes »
Le sociologue Fabien Truong a montré le poids des représentations dans les parcours des jeunes issus des quartiers populaires.
dans l’hebdo N° 1374 Acheter ce numéro

Les histoires individuelles et leur étude dans la durée ont permis à Fabien Truong de démontrer que les travers imputés aux « jeunes de banlieue » sont des phénomènes éphémères qui ne concernent qu’une minorité. L’écrasante majorité des jeunes issus de ces quartiers aspirent à une vie « normale », malgré le poids des représentations.
Vous écrivez que « l’émeute tend à accentuer le hiatus entre ce que les émeutiers expriment et ce que les “autres” pensent d’eux ». Pouvez-vous développer ?
Fabien Truong : Les images de violence ont fait le tour du monde en 2005, véhiculant un imaginaire très fort lié à « la banlieue », sans toutefois dire grand-chose. Ce regard négatif s’est accentué de 2005 à 2015 avec l’addition de la question de l’islam et des débats sur «