Royaume-Uni : L’Ukip laboure les terres travaillistes
Longtemps retranché au sud du pays, le parti populiste et xénophobe s’étend dans les bastions populaires. Comme en écho au Front national en France. Correspondance d’Emmanuel Sanséau.
dans l’hebdo N° 1382-1384 Acheter ce numéro

Il suffit de prononcer un acronyme pour voir des mines affables s’assombrir. « Ukip ». Sous les lumières blafardes du marché couvert d’Oldham, nord-ouest de l’Angleterre, les commerçants affirment un à un ne pas avoir beaucoup de sympathie pour le parti de droite radicale. « Ils ont pas mal d’adhérents dans le coin, assure la serveuse d’un café, abritée derrière une vitrine de cheesecakes. Un groupe de militants s’installait sur la terrasse tous les week-ends. » Et le fleuriste, dans la boutique adjacente, d’ajouter : « On les a vus distribuer des tracts les semaines précédentes. Même Nigel Farage [le leader du parti, NDLR] était là. Mais depuis les élections, plus rien ! »
Juchée sur les flancs venteux des Pennines, chaîne montagneuse jouxtant Manchester, Oldham (227 000 habitants) ressemble à toutes les villes du nord-ouest de l’Angleterre. Froide, rouillée, déprimée. Bien loin de la « reprise économique » tant vantée par David Cameron, elle en incarne au contraire les revers les plus violents. Ici, la banque alimentaire locale est florissante, le niveau de pauvreté infantile compte parmi les plus élevés du royaume et
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