Henri Leclerc : « Réduire les libertés ne sert à rien »
Henri Leclerc analyse les effets délétères de l’état d’urgence et la réforme de procédure pénale présentée par le gouvernement, dont il dénonce le discours sécuritaire.
dans l’hebdo N° 1390 Acheter ce numéro

© PATRICE PIERROT / CITIZENSIDE/AFP
Après le projet de modification de la Constitution, les députés se pencheront le 16 février sur la prolongation de l’état d’urgence. En parallèle, le gouvernement a présenté une réforme de la procédure pénale intégrant certaines mesures réservées jusqu’à présent à cet état d’exception. Pour Henri Leclerc, les projets du gouvernement entraînent la société sur une pente dangereuse.
Le gouvernement entend prolonger l’état d’urgence. Est-ce justifié selon vous ?
Henri Leclerc Cette prolongation n’est évidemment pas justifiée. Certes le gouvernement dispose d’informations que je n’ai pas sur la situation. Mais, si l’état d’urgence peut être nécessaire pour répondre à des crimes comme ceux que nous avons connus le 13 novembre, il doit être extrêmement limité dans le temps. J’étais déjà préoccupé par la première prolongation du 20 novembre, car, à partir du moment où l’on affirme que l’état d’urgence est nécessaire pour éviter un acte terroriste, il est bien évident qu’aucun gouvernement n’osera jamais renoncer à sa prolongation.
Ce discours, qui est celui de Manuel Valls quand il dit que l’état d’urgence sera prolongé tant que la menace de Daech
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