Égypte : les coptes toujours entre deux feux

Victime du terrorisme islamiste ce dimanche, la minorité chrétienne est également stigmatisée par le régime d’Al-Sissi.

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Terrible bilan de la double attaque contre des églises coptes à Alexandrie et Tanta, villes au nord du Caire : 44 fidèles ont trouvé la mort, le 9 avril, lors du dernier dimanche avant Pâques. Particulièrement active dans la péninsule du Sinaï, la branche locale du groupe État islamique (EI) a revendiqué ces attentats, qui ont aussi blessé plus d’une centaine de personnes, l’EI montrant ainsi sa capacité à étendre son champ d’action. C’est en effet à l’intérieur de l’église Saint-Georges de Tanta, grande ville du delta du Nil, et à l’entrée de la cathédrale Saint-Marc d’Alexandrie, que deux kamikazes ont actionné leurs ceintures d’explosifs. Le second, bloqué par des policiers, n’ayant pu pénétrer dans la principale église de la deuxième ville d’Égypte, alors qu’officiait en ce dimanche des Rameaux le pape Théodore II, la plus haute autorité copte orthodoxe. Si ces chrétiens d’Égypte (environ 10 % de la population) sont les victimes de ce carnage, ces attentats frappent, au-delà, l’Égypte du maréchal Al-Sissi, à peine rentré des États-Unis où Donald Trump lui a manifesté un soutien appuyé.

Les groupes islamistes égyptiens ne cessent d’accuser les coptes d’être co-responsables de la destitution en 2013 par l’armée, sous l’égide du maréchal Al-Sissi, du Président élu Mohamed Morsi, leader des Frères musulmans. Depuis, plus d’un demi-millier d’incendies de lieux de culte et d’agressions physiques ont directement visé la minorité copte. Mais le régime ultra-autoritaire du maréchal Al-Sissi continue de mener une répression tous azimuts à l’encontre de toute opposition, aussi bien islamiste, que laïque et héritière du mouvement de la place Tahrir. Et la minorité chrétienne copte se trouve elle aussi stigmatisée, tant par le régime que par les islamistes. Daech a donc beau jeu de viser celle-ci, pour mieux diviser une population égyptienne sous le joug de la dictature militaire du maréchal Al-Sissi…


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