Calais : les associations s’indignent des violences policières quotidiennes

Deux associations dénoncent le harcèlement policier permanent et appellent Emmanuel Macron à faire cesser cette « chasse à l’homme ».

AFP  et  Vanina Delmas  • 2 juin 2017
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Calais : les associations s’indignent des violences policières quotidiennes
photo : Des migrants lèvent les mains face aux forces de l'ordre à Calais, le 1er juin 2017.
© PHILIPPE HUGUEN / AFP

Depuis le démantèlement de la jungle de Calais, les associations sur place se démènent pour subvenir aux besoins des migrants toujours présents dans la région. Ils sont près de 600 selon elles, 450 selon la préfecture. Mais les « entraves répétées » à l’action des humanitaires et les violences policières envers les migrants dépassent les contours du maintien de l’ordre publique. L’Auberge des migrants et Utopia 56 lancent un cri d’alerte en direction de l’opinion publique et au gouvernement, dans une lettre adressée au président de la République, Emmanuel Macron, et au Premier ministre, Édouard Philippe :

Vos prédécesseurs ont tenté de régler la situation calaisienne par la violence. Cela est contraire aux droits humains, aux lois et conventions internationales et à la simple humanité. Nous vous demandons instamment d’ouvrir un dialogue avec les acteurs concernés : les exilés, les associations et ONG, les autorités locales et le gouvernement britannique, de façon à mettre fin aux souffrances et aux injustices. Nous demandons la mise en place d’un véritable accueil. Dans l’immédiat, nous vous demandons de faire cesser les violences et les pressions des forces de police.

Les associations récoltent quotidiennement les témoignages de migrants persécutés par les forces de l’ordre : « Des gazages au réveil dans les sacs de couchage, des sacs de couchage enlevés par les policiers, des gazages d’eau et de nourriture, des coups et blessures, des vols de carte de séjour, des confiscations de téléphones portables, des insultes racistes sur les mineurs isolés étrangers confiés au commissariat… » En avril dernier, dix-sept plaintes ont été transmises au Défenseur des droits. Le même mois, l’association britannique Refugee Rights Data Project dévoilait une enquête auprès de 213 exilés affirmant que 96,5 % des mineurs interrogés disent avoir subi des violences policières.

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La persécution touche les bénévoles eux-mêmes. Les distributions d’eau et de nourriture sont sous étroite surveillance, réduites à une heure de temps et parfois même empêchées. Une pression contraire aux conclusions de l’ordonnance du tribunal administratif de Lille du 22 mars, donnant raison aux associations, face à la mairie de Calais qui avait interdit les distributions alimentaires sur son territoire.

L’Auberge des migrants à signalé sur les réseaux sociaux qu’une de leur bénévole était en garde à vue depuis jeudi. _« L’équipe de bénévoles ayant commencé la distribution un peu plus loin que le lieu habituel, la police est intervenue physiquement. Dans la bousculade, une barquette de riz a souillé l’uniforme de l’adjoint du commissaire de police de Calais. Une bénévole a été traînée et emmenée. Elle est encore en garde à vue ce matin, accusée d’“outrage et violence vis-à-vis d’un agent de la force publique”. »

Le préfet du Pas-de-Calais a précisé à l’AFP que « depuis le démantèlement du camp de la lande de Calais, l’objectif des pouvoirs publics est d’éviter la formation de nouveaux camps permanents sur Calais, afin de préserver l’ordre public et assurer la sécurité, tant de la population calaisienne que des migrants eux-mêmes », et que « les distributions de repas ne doivent pas conduire à la reconstitution de points de fixation » et sont donc « limitées dans l’espace et dans le temps ». À Calais, il n’est donc toléré d’accueillir dignement des êtres humains qu’entre 18 heures et 20 heures.

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