Climat des affaires : l’impossible confiance
Au-delà du cas des quatre ministres qui ont dû démissionner à peine élus, c’est tout un système de conflits d’intérêts qui empêche de « moraliser » réellement la vie publique.
dans l’hebdo N° 1462 Acheter ce numéro

Mercredi 5 juillet, la commission des lois du Sénat rendait publics ses amendements au projet de loi censé rétablir la confiance des citoyens dans l’action publique. Le lendemain, Richard Ferrand, président du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, était entendu par la police judiciaire de Rennes. Soupçonné de prise illégale d’intérêt, il est accusé d’avoir utilisé son poste de directeur général des Mutuelles de Bretagne pour organiser une juteuse transaction immobilière en faveur de sa compagne.
Le jour suivant, c’est au parquet de Paris d’ouvrir une information judiciaire pour « favoritisme et recel de favoritisme » dans l’affaire dite de la « French Tech Night », soirée organisée à Las Vegas en janvier 2016 à laquelle s’est rendu Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie. En tant qu’ex-directrice générale de Business France – agence publique de promotion des entreprises françaises, en charge de l’organisation de l’événement –, Muriel Pénicaud, actuelle ministre du Travail, est directement visée. « S’il y avait une mise en examen de Muriel Pénicaud, elle devrait quitter le gouvernement », répète le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner.
« Le choc de confiance » qu’appelait de ses vœux François Bayrou semble s’être mué en un choc sceptique d’autant plus virulent que l’exigence des citoyens en matière de probité s’accroît au rythme des coupes budgétaires. Le renouvellement des visages, tant vanté, aura-t-il un impact sur les pratiques abusives ? Rien n’est moins sûr. En moins de deux mois, quatre ministres ont déjà quitté le gouvernement. Outre Richard Ferrand, Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard et François Bayrou ont dû démissionner à la suite de l’ouverture d’une enquête préliminaire pour « abus de confiance et recel » en faveur du MoDem.
Le garde des Sceaux a annoncé son départ sept jours après avoir déposé son projet de loi pour « la confiance dans l’action publique ». Dénonçant une « inquisition » dont l’objectif serait « de décrédibiliser la parole du ministre qui devait porter cette loi », le maire de Pau dit avoir décelé derrière les témoignages qui mettent en cause son parti l’œuvre « de forces et de puissances pour qui la moralisation de la vie publique serait un
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