Le pari novateur du Portugal

Depuis 2015, une coalition de gauche mène une politique à rebours de l’austérité imposée par Bruxelles. Mais jusqu’où ?

Patrick Piro  • 11 octobre 2017 abonné·es
Le pari novateur du Portugal
© photo : DR

En un an, un taux de croissance de 2,9 %, un déficit public passé de 3,1 % à 1,9 % du produit intérieur brut (PIB) et un taux de chômage tombé à 8,8 %… C’est au Portugal, et ces statistiques historiques, arrêtées au premier semestre 2017, devraient encore s’améliorer d’ici à la fin de l’année. L’agence de notation financière Standard & Poor’s vient de relever la note de confiance affectée à la dette portugaise. En ce début d’octobre, alors que ses rues regorgent de touristes, Lisbonne donne l’image d’un pays au sommet de son attractivité.

Un tableau méconnaissable pour ce pays plongé au début des années 2010 dans une crise économique qui lui promettait un destin « à la grecque ». En 2011, en contrepartie d’un prêt de 78 milliards d’euros, Pedro Passos Coelho (Parti social-démocrate, PSD, centre-droit) accepte trois années d’un plan d’austérité très rigoureux, sous la tutelle de la « troïka » : Banque centrale européenne (BCE), Commission européenne et Fonds monétaire international (FMI). Le droit du travail, profondément réformé, donne le maximum de flexibilité aux entreprises pour licencier, les salariés voient leurs heures de travail s’accroître sans compensation, leurs revenus ponctionnés par une taxe nouvelle et le volume des congés reculer. Les retraites sont rognées, l’impôt sur le revenu augmente pour les plus modestes, les dépenses publiques fondent. « Le gouvernement de droite a même

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Monde
Temps de lecture : 8 minutes

Pour aller plus loin…

La stratégie meurtrière d’Israël pour vider le Sud du Liban
Reportage 14 avril 2026 abonné·es

La stratégie meurtrière d’Israël pour vider le Sud du Liban

Alors que l’armée israélienne avance au sud du Liban et cible massivement les civils, les habitants des villes et des villages craignent une « guerre finale » d’Israël pour occuper une partie du territoire.
Par Zeina Kovacs et Nissim Gasteli
Le Liban face à la machine de guerre israélienne
Analyse 14 avril 2026 abonné·es

Le Liban face à la machine de guerre israélienne

Depuis le 2 mars, le Liban est à nouveau plongé dans la guerre. L’armée israélienne semble plus que jamais inarrêtable et décidée à répéter une stratégie militaire déjà appliquée dans la bande de Gaza. Comme si l’enclave palestinienne avait été son laboratoire.
Par Céline Martelet
« Dans les médias français, le langage militaire s’impose et remplace l’analyse sur le Liban »
Entretien 14 avril 2026

« Dans les médias français, le langage militaire s’impose et remplace l’analyse sur le Liban »

Ziad Majed, politiste spécialiste du monde arabe, analyse le traitement médiatique français du conflit au Liban au regard des dynamiques politiques et sociales du pays, largement ignorées par les grands médias audiovisuels.
Par William Jean
« On n’en peut plus de la propagande » : en Hongrie, le régime d’Orbán s’effondre
Reportage 13 avril 2026 abonné·es

« On n’en peut plus de la propagande » : en Hongrie, le régime d’Orbán s’effondre

Après seize années de pouvoir sans partage, le Premier ministre autoritaire et ultra-conservateur hongrois, Viktor Orbán, a subi une grave défaite électorale, dimanche 12 avril. À Budapest, la jeunesse a laissé éclater sa joie à l’annonce de la fin du régime.
Par Thomas Dévényi