Le pari novateur du Portugal
Depuis 2015, une coalition de gauche mène une politique à rebours de l’austérité imposée par Bruxelles. Mais jusqu’où ?
dans l’hebdo N° 1473 Acheter ce numéro

En un an, un taux de croissance de 2,9 %, un déficit public passé de 3,1 % à 1,9 % du produit intérieur brut (PIB) et un taux de chômage tombé à 8,8 %… C’est au Portugal, et ces statistiques historiques, arrêtées au premier semestre 2017, devraient encore s’améliorer d’ici à la fin de l’année. L’agence de notation financière Standard & Poor’s vient de relever la note de confiance affectée à la dette portugaise. En ce début d’octobre, alors que ses rues regorgent de touristes, Lisbonne donne l’image d’un pays au sommet de son attractivité.
Un tableau méconnaissable pour ce pays plongé au début des années 2010 dans une crise économique qui lui promettait un destin « à la grecque ». En 2011, en contrepartie d’un prêt de 78 milliards d’euros, Pedro Passos Coelho (Parti social-démocrate, PSD, centre-droit) accepte trois années d’un plan d’austérité très rigoureux, sous la tutelle de la « troïka » : Banque centrale européenne (BCE), Commission européenne et Fonds monétaire international (FMI). Le droit du travail, profondément réformé, donne le maximum de flexibilité aux entreprises pour licencier, les salariés voient leurs heures de travail s’accroître sans compensation, leurs revenus ponctionnés par une taxe nouvelle et le volume des congés reculer. Les retraites sont rognées, l’impôt sur le revenu augmente pour les plus modestes, les dépenses publiques fondent. « Le gouvernement de droite a même