L’inégalité salariale femmes-hommes se creuse

Malgré les bonnes intentions affichées par les gouvernements successifs, l’écart de salaire entre les femmes et les hommes s’est accru ces dernières années.

Michel Soudais  • 3 novembre 2017
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L’inégalité salariale femmes-hommes se creuse
© photo : Kamila Stepien / Citizenside

À partir de maintenant, 11h44 et 9 secondes, le 3 novembre, les femmes travaillent « bénévolement » jusqu’à la fin de l’année. Ce qui représente près de près de 40 jours ouvrés non payés. C’est ce qu’affirment Les Glorieuses, une lettre d’information féministe qui milite notamment pour l’égalité professionnelle :

S’il y avait une égalité des salaires en France, les femmes pourraient s’arrêter de travailler le vendredi 3 novembre à 11h44 et gagner autant sur l’année 2017.

Leur calcul se base sur des chiffres d’Eurostat, selon lesquels les femmes employées dans l’industrie, la construction et les services (hors administrations publiques) en France touchaient en 2015 un salaire horaire brut inférieur de 15,8 % en moyenne à celui des hommes.

Le dernier rapport annuel, « La vie des femmes et des hommes en Europe – Un portrait statistique », publié le 18 octobre par l’organisme européen de statistiques et fondé sur des données de 2014, montre que l’écart des salaires entre hommes et femmes tend à augmenter. Si la France fait un peu mieux que la moyenne européenne (16,3 % d’écart moyen avec de fortes disparités entre les pays, le « modèle allemand » accusant par exemple un écart de… 22 % !), _« l’écart de rémunération est plus important que celui de la dernière étude d’Eurostat », notent Les Glorieuses qui avertissent :

Il y a un recul de l’égalité salariale en France

Le creusement de cet écart salarial représente quatre jours de travail supplémentaires. L’an dernier, en se fondant sur le rapport d’Eurostat réalisé à partir des données consolidées de 2010 qui estimait à 15,1 % cet écart, Les Glorieuses avaient appelé les femmes à cesser symboliquement le travail le 7 novembre à 16h34.

En appelant cette année à la mobilisation sur les réseaux sociaux, ces féministes souhaitent susciter une réflexion au niveau des entreprises et des politiques publiques. La société tout entière gagnerait en effet à mettre enfin en pratique cette égalité invoquée dans les discours depuis des décennies sans qu’aucune loi vraiment contraignante ne l’impose.

Une étude de la Fondation Concorde, publiée en début de semaine, estime qu’une égalité salariale parfaite entre femmes et hommes engendrerait un gain annuel de 61,9 milliards d’euros pour l’économie française : 33,7 milliards d’euros en recettes supplémentaires pour l’État (TVA, impôt sur le revenu, cotisations sociales et patronales), 21,98 milliards de hausse de la consommation, et 6,16 milliards de hausse de l’épargne.

Bien que réalisée par un think-tank très libéral, cette étude donne a posteriori raison à Jean-Luc Mélenchon qui, au cours de la campagne présidentielle, affirmait que l’égalité salariale femmes-hommes suffirait à financer le retour du départ de l’âge de la retraite à taux plein à 60 ans. Ce n’est qu’un exemple de ce que permettrait l’égalité, mais il donne à réfléchir.

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