Procès Merah : La leçon de droit de Dupond-Moretti

Le pénaliste est critiqué pour avoir choisi de défendre Abdelkader Merah.

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Un incident révélateur s’est produit le 3 novembre sur France Inter entre Nicolas Demorand et Éric Dupond-Moretti, l’avocat d’Abdelkader Merah. « Vous ne trouvez pas ça obscène, de le dire comme ça, devant les familles des victimes ? », a reproché le journaliste au pénaliste pour avoir déclaré que la mère de l’accusé était aussi la « mère d’un mort ». Et l’avocat de rétorquer : « C’est votre question qui est obscène », avant d’affirmer que le journaliste devrait « avoir du recul, comme les juges ».

Le pénaliste, critiqué pour avoir choisi de défendre Abdelkader Merah, en a profité pour donner une leçon de droit et peut-être de démocratie : « Il y a des causes indéfendables. L’islamisme radical, c’est indéfendable ; le nazisme, c’est indéfendable. Je ne défends pas une cause, j’espère que vous l’avez compris. Je défends un homme, et c’est singulièrement différent. » Et ceci encore : « Mon but n’était pas de faire aimer [Abdelkader Merah], c’était qu’il soit jugé selon nos règles. » Le frère de Mohamed Merah a été condamné pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, mais non pour complicité d’assassinat, comme le souhaitait la partie civile. « C’est l’honneur des juges que de ne pas avoir cédé aux sirènes de l’opinion publique », a estimé Éric Dupond-Moretti, qui a tout de même concédé que les victimes « avaient tous les droits ». Mais pas les juges ni, peut-être, les journalistes.


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