Un bidonville parisien menacé d’évacuation en pleine trêve hivernale

Pour la quatrième fois en trois ans, les familles roms du camp de la Petite Ceinture risquent à nouveau l’expulsion, qui aura lieu dès demain au petit matin. Reportage.

Marine Caleb  • 27 novembre 2017 abonné·es
Un bidonville parisien menacé d’évacuation en pleine trêve hivernale
© photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Cela ne tient qu’à un fil. Tout le bidonville est éclairé par un système de câbles électriques ingénieux, mais dangereux. Une simple bagarre entre deux enfants suffit à couper le courant pour tout le monde. Les fils pendent au-dessus de l’allée et traînent à terre. Il s’agit d’éviter de trébucher dessus tout en échappant au grouillement des rats favorisé par la tombée de la nuit. C’est bancal, mais ça fonctionne.

« Installez-vous, c’est propre chez nous », lance fièrement un futur papa. Comme toutes les autres, sa petite maison de taule et de bois est chauffée par un poêle. Les murs et les sols faits de bric et de broc sont recouverts de draps et de tapis, les marmites bouillonnent sur de petites plaques. Tout provient de la récupération et d’une réalisation rudimentaire, mais consciencieuse. Malgré l’instabilité de leur situation, les 250 Roms originaires de Roumanie installés sur la Petite Ceinture, entre les Portes de Clignancourt et de la Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, ont créé un lieu de vie. Un semblant de chez-eux qu’ils doivent quitter, pour la quatrième fois en trois ans :

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

Colère populaire : à qui la faute ?
Décryptage • 20 octobre 2026

Colère populaire : à qui la faute ?

Ce samedi 17 octobre, une colère profonde a éclaté dans les rues du pays. Entre 550 000 et 800 000 personnes ont battu le pavé en France, malgré la violence de la répression. Mais, depuis, le débat public est saturé par la question de la violence, de la casse et du pillage. Politis donne la parole à des militant·es mobilisé·es ce week-end, pour revenir aux raisons de leur colère.
Par Kamélia Ouaïssa et Névil Gagnepain
« Il est l’heure de rendre des comptes » : en comparution immédiate, la justice applique les consignes de fermeté du gouvernement
Justice • 20 octobre 2026 abonné·es

« Il est l’heure de rendre des comptes » : en comparution immédiate, la justice applique les consignes de fermeté du gouvernement

Plus de 550 personnes ont été placées en garde à vue après la mobilisation du 17 octobre à Paris marquée par des heurts et des scènes de pillages. Certain·es mis en cause ont été jugé·es dès le 19 octobre en comparution immédiate. La majorité des prévenu·es n’avaient pas de casier judiciaire, mais les juges ont prononcé des peines de prison ferme ou des mandats de dépôt. Du jamais vu.
Par Céline Martelet
En images : « Nous sommes le pouvoir », la mobilisation du 17 octobre à Paris
Manifestation • 19 octobre 2026

En images : « Nous sommes le pouvoir », la mobilisation du 17 octobre à Paris

Samedi 17 octobre, des rassemblements ont eu lieu dans toute la France, avec de nombreuses revendications. 800 000 personnes ont défilé, selon les organisateurs. Une mobilisation massive, traversée à la fois par le désir d’une convergence des luttes et par de violents affrontements avec les forces de l’ordre, comme à Paris. Reportage.
Par Maxime Sirvins
Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie
Violences • 18 octobre 2026

Info Politis : à Mulhouse, une jeune de 17 ans perd la vision d’un œil après un tir de grenade lacrymogène, l’IGPN saisie

Une adolescente, Maïssa, a été gravement blessée à l’œil au cours de tirs de lacrymogènes par les forces de l’ordre le 17 octobre à Mulhouse. Elle a reçu un projectile en plein visage, une grenade lacrymogène selon des témoins et ne retrouvera pas la vision de l’œil gauche. La justice a saisi la police des polices.
Par Céline Martelet et Pauline Migevant