Le gouvernement fait sauter le verrou syndical
L’État reprend la main sur l’assurance chômage et pourrait enterrer le paritarisme hérité de la Résistance.
dans l’hebdo N° 1500 Acheter ce numéro

C’est un sujet qui ne fera pas la une du « 20 heures ». La remise en cause du paritarisme, ce principe hérité de la Libération selon lequel les salariés et les employeurs gèrent conjointement l’assurance chômage, la formation et la Sécurité sociale, est pourtant une révolution dans le paysage social.
La majorité ne cache pas ses intentions de porter le coup de grâce à cette « espèce de paritarisme qui ne représente plus grand-chose », selon Aurélien Taché, rapporteur de la loi sur le chômage, la formation professionnelle et l’apprentissage (1). Et c’est désormais officiel, l’État reprend la main. Les règles de gouvernance de l’Unédic, association loi 1901 qui gère l’assurance chômage, ne changent pas. Il ne s’agit donc pas d’une « nationalisation » comme cela a été un temps évoqué. Mais le gouvernement fixera désormais un cadre strict aux négociations entre les partenaires qui copilotent l’Unédic, via un « document de cadrage ». Il pourra définir le niveau d’indemnisation des demandeurs d’emploi, pour « faciliter l’adaptation » de l’assurance