Et si les colons causaient la perte d’Israël…
En menaçant la solution à deux États, la colonisation galopante met aussi en péril la notion d’État juif, fondement du sionisme.
dans l’hebdo N° 1501-1502 Acheter ce numéro

Alors que le pays fête le 70e anniversaire de la proclamation de l’État d’Israël, une sourde angoisse s’empare de ses élites. Les ultras de la colonisation ne sont-ils pas en train de pratiquer la pire des politiques de gribouille ? Pour accomplir leur rêve d’annexion de la Cisjordanie, les colons, qui dominent aujourd’hui le gouvernement de Benyamin Netanyahou, nient une réalité démographique pourtant évidente.
Le débat s’est enflammé, le 26 mars, au sein d’une commission organisée en urgence à la Knesset, le Parlement israélien. Une simple addition a réveillé une peur existentielle qui, autrefois, s’ancrait dans la menace de guerre avec les pays arabes. Cette fois, le péril vient de la politique israélienne elle-même. Si Israël s’empare de tous les territoires palestiniens pour ne plus faire qu’un État, les 5 millions de Palestiniens qui vivent actuellement en Cisjordanie et à Gaza ajoutés aux 1,8 million d’Arabes de nationalité israélienne seraient plus nombreux que les 6,5 millions de juifs israéliens. Israël se trouverait alors face à un dilemme redoutable : ou bien prendre le risque de perdre la majorité politique, ou bien assumer officiellement un système d’apartheid.
Cette dernière hypothèse ne fait pas peur à Ayalet Shaked, la
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