Sans-abri : pour des villes d’hospitalité

Tribune. Syamak Agha Babei, Martine Chantecaille, David Nakache et Barbara Romagnan s’opposent aux arrêtés anti-mendicité adoptés dans leurs villes.

Barbara Romagnan  et  Martine Chantecaille  et  Syamak Agha Babei  et  David Nakache  • 21 mai 2019
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Sans-abri : pour des villes d’hospitalité
© crédit photo : ALAIN PITTON / NURPHOTO

Besançon, La Roche-sur-Yon, Nice, Strasbourg : nos quatre villes ont en commun de s’être récemment illustrées par des décisions municipales dramatiquement stigmatisantes : celles d’arrêtés anti-mendicité, prétendument pris au nom de la tranquillité publique qu’ils seraient censés améliorer en réglant le problème d’une « mendicité agressive ».

Pendant que le film Les Invisibles de Louis-Julien Petit mettait en pleine lumière des femmes SDF et leur quotidien, Besançon et La Roche-sur-Yon se voyaient ainsi nominées dans la catégorie « Bouge de là » lors de la cérémonie satirique des « Pics d’or » de la Fondation Abbé-Pierre qui souhaitait ainsi attirer l’attention sur les pires dispositifs anti-SDF.

Derrière de tels arrêtés se cachent de simples « coups de com ». Mais, s’ils ne règlent strictement rien des problèmes réels ou ressentis qu’ils prétendent solutionner, ils ne sont, toutefois, pas anodins car, si la mendicité agressive entre déjà dans le champ des délits sanctionnés par notre arsenal juridique et qu’il n’est donc nul besoin de signer de nouveaux arrêtés, ils confortent des représentations stigmatisantes sur les sans-abri.

Cette politique de la « double peine » est à l’opposé de celle que nous appelons de nos vœux. Il est urgent de passer, partout en France, à la mise en œuvre de politiques municipales se donnant pour objectif d’agir vraiment contre la pauvreté et non contre les pauvres. Celles-ci passent, bien évidemment, par le logement mais, au-delà, par une participation active et reconnue de celles et ceux que l’on tente trop souvent d’invisibiliser.

Nous appelons l’ensemble des citoyen.n.es à travers leurs initiatives, associations, les forces syndicales et politiques qui oeuvrent pour l’émancipation, à s’unir pour s’opposer fermement aux arrêtés anti-mendicités, tout comme à l’urbanisme hostile et inhospitalier. Nous les appelons à travailler, dès à présent, avec les associations et les personnes concernées pour qu’en 2020, loin des mesures d’hostilité, l’ambition de villes d’hospitalité soit au coeur des programmes municipaux.

Syamak Agha Babei (vice-président Eurométropole de Strasbourg), Martine Chantecaille (conseillère municipale La Roche-sur-Yon), David Nakache (président de « Tous Citoyens », Nice), Barbara Romagnan (militante politique, Besançon).

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Tribunes

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