Shirin Ebadi : « La violence du régime iranien est un symptôme de sa faiblesse »

Opposante au régime et Prix Nobel de la paix, Shirin Ebadi met en garde contre la radicalisation de l’appareil politique iranien face aux aspirations de la société civile.

• 19 juin 2019 abonné·es
Shirin Ebadi : « La violence du régime iranien est un symptôme de sa faiblesse »
© photo : Shirin Ebadi participe le 24 juin 2009 à une manifestation à Bruxelles contre les résultats des élections en Iran.crédit : DOMINIQUE FAGET/AFP

Shirin Ebadi est un nom qui résonne haut et fort dans l’histoire moderne iranienne. Première femme nommée juge en Iran en 1974, sous le régime du shah, elle est propulsée Prix Nobel de la paix en 2003 pour son engagement en faveur des droits humains. Elle est aussi la première Iranienne – et première musulmane – à recevoir cet honneur. C’est bien pour cette raison que le régime islamiste ne l’a pas épargnée.

Empêchée de faire son métier à l’arrivée au pouvoir des mollahs en 1979, Shirin Ebadi se tourne vers le barreau. Avocate, elle défend les victimes d’un système juridique fondé sur des interprétations archaïques de la charia. C’est dans la même jurisprudence islamique qu’elle trouve ses arguments pour contredire les juges. « Si une femme titulaire d’un doctorat est renversée par une voiture et meurt, et qu’un voyou illettré perd un testicule dans une bagarre, la vie de cette femme et le testicule de ce voyou ont une valeur identique. Est-ce là la manière dont la République islamique considère les femmes ? » ose-t-elle écrire dans la presse iranienne.

La lumière portée par l’avocate sur les inégalités soulève l’indignation populaire. Le régime est obligé de modifier quelques lois. Certes à la marge, mais le pouvoir grince des dents. Shirin Ebadi est dans son viseur. Avec la présidence du radical Mahmoud Ahmadinejad, à partir de 2005, les choses s’accélèrent : pressions, harcèlement, arrestations de proches, trahisons… Elle tiendra jusqu’en 2009. Shirin Ebadi est poussée à l’exil. À 71 ans, celle qui vit désormais à Londres croit toujours en son rêve : voir un jour l’Iran devenir une grande démocratie.

Nasrin Sotoudeh, avocate spécialiste des droits de l’homme, vient d’être condamnée à plusieurs années de prison, notamment pour avoir défendu des femmes qui s’étaient dévoilées pour manifester contre l’obligation de porter le foulard. Quelle est la place des femmes dans le combat pour les droits humains en Iran ?

Shirin

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Monde
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L'Iran le dos au mur
Temps de lecture : 11 minutes

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