PMA : « C’est fou de devoir prouver qu’on est de bonnes mères ! »

Des projets de conception à l’étranger aux questionnements des enfants issus d’un don, la législation actuelle sur la PMA crée de nombreux obstacles inutiles. Témoignages de Stéphanie, Pascale, Clément et Joseph.

Marion Dugrenier  • 24 juillet 2019 abonné·es
PMA : « C’est fou de devoir prouver qu’on est de bonnes mères ! »
© photo Sophie et Agnès, en couple depuis 11 ans, membres de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens.crédit : Amélie Benoist/BSIP/AFP

Timothée a sept ans et demi. Ses mamans, Stéphanie et Pascale, ont décidé de faire appel à une clinique étrangère en 2009 pour les aider à fonder leur famille. Une décennie plus tard, alors qu’elles se remémorent les débuts de cette démarche, un mot leur vient à l’esprit : « fou ». Marseillaises, les deux femmes choisissent l’Espagne. « Il faut pouvoir partir à la clinique du jour au lendemain pour l’insémination, explique Stéphanie. Marseille-Madrid, c’était plus pratique que Marseille-Bruxelles. C’est extrêmement stressant : on ne sait pas quand il va falloir tout lâcher pour partir, si on va être à l’heure, s’il va y avoir un avion… Si on se lance, c’est qu’on veut vraiment un enfant. » Sur place, le couple se retrouve confronté à la barrière de la langue. « Il n’y a pas de lien qui se crée clairement avec la clinique. Les médecins que l’on rencontre ne sont jamais les mêmes. En fait, la clinique est une grosse usine. »

Entre deux rendez-vous chez le gynéco et le psy, Stéphanie et Pascale en glissent un troisième à la banque. « Nous avions prévu un budget pour avoir un enfant, raconte Stéphanie. Ça paraît fou, mais lorsqu’on se fait inséminer à l’étranger, c’est un passage obligé. On met de l’argent de côté pour quatre ou cinq inséminations, et si ça ne marche pas, on attend quelque temps pour recommencer. » La grossesse doit également être suivie par un gynécologue en France. « Heureusement, le mien a tout de suite accepté de le faire, raconte Stéphanie. On n’a pas eu de dépenses folles en France, car il a eu l’extrême gentillesse de me faire des prescriptions remboursées

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter hebdomadaire :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société Police / Justice
Temps de lecture : 9 minutes

Pour aller plus loin…

À Nanterre, dans la cité Pablo Picasso, des habitants montent au front contre leur bailleur
Reportage 13 mars 2026 abonné·es

À Nanterre, dans la cité Pablo Picasso, des habitants montent au front contre leur bailleur

La tour 19 de la célèbre cité, comptant 38 étages et près de 180 logements, est privée de certains de ses ascenseurs depuis plusieurs mois. Une problématique qui s’ajoute à une insalubrité de plus en plus criante. Les habitants se mobilisent contre le bailleur, Nanterre Coop Habitat.
Par Pierre Jequier-Zalc
« La vraie opposition, c’est les puissants contre les précaires, pas les Calaisiens contre les exilés »
Entretien 13 mars 2026

« La vraie opposition, c’est les puissants contre les précaires, pas les Calaisiens contre les exilés »

Face à la maire Natacha Bouchart et à la poussée de l’extrême droite, la liste « Calais à gauche toute » veut rompre avec la politique d’hostilité menée contre les personnes exilées. Juliette Delaplace, figure associative et numéro deux de la liste, détaille comment une municipalité peut résister à la militarisation de la frontière.
Par Pauline Migevant
Familya, l’association pro-Stérin qui menace le Planning familial
Enquête 12 mars 2026 abonné·es

Familya, l’association pro-Stérin qui menace le Planning familial

Avec ses cadres issus de la sphère réactionnaire et ses financements catholiques anti-IVG, dont le Fonds du bien commun du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, Familya profite des caisses exsangues du Planning familial et de la négligence des pouvoirs publics pour asseoir sa vision conservatrice de la famille.
Par Chloé Bergeret
Associations : l’enjeu oublié des municipales
Enquête 11 mars 2026 abonné·es

Associations : l’enjeu oublié des municipales

Partout en France, des maires se portent au chevet des associations, dont le rôle de lien social est essentiel dans les villes et quartiers populaires. Mais compenser le désengagement de l’État leur est souvent impossible.
Par Lucas Sarafian