Macron perd ses facultés

Les corps étudiant et enseignant ainsi que tous les autres personnels de l’enseignement supérieur font front commun contre la casse de la recherche publique par le gouvernement.

Maëlle Benisty  • 19 février 2020 abonné·es
Macron perd ses facultés
©Manifestation d’universitaires le 11 février à Paris. « La précarité tue », clament les affichettes au sol, éclaboussées de faux sang. STEPHANE DE SAKUTIN/AFP

L’université a ses précaires que Macron ignore. Mardi 11 février, des collectifs de précaires de l’enseignement supérieur ont fait couler du faux sang sur les pavés parisiens, place de l’Hôtel de Ville. Au sol, une affiche : « La précarité tue. » De Rouen à Montpellier en passant par Nanterre, de nombreuses facs ont multiplié les actions symboliques toute la journée pour faire entendre leur colère face au mépris du gouvernement. « Nous refusons d’être invisibles et de disparaître en silence », clame Mathilde*, doctorante sans poste présente au rassemblement parisien. Depuis des années, les personnels des universités et de la recherche alertent sur leurs conditions de travail. La loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), dont le contenu doit être dévoilé au printemps, est la réforme de trop.

Pénalisé·es par le nouveau système des retraites, qui ne calcule plus leur pension sur les six derniers mois de leur carrière mais sur son ensemble, les universitaires se mobilisent depuis décembre. Dans leurs rangs, on dénonce aussi la réforme de l’assurance-chômage, Parcoursup, l’augmentation des frais d’inscription et la LPPR. « Malgré les déclarations d’intention, cet ensemble de réformes n’offre aucune solution à la précarité généralisée mais, bien au contraire, l’aggrave », peut-on lire dans la motion adoptée par la première coordination nationale des « Facs et labos en lutte », qui avait lieu à Saint-Denis, les 1er et 2 février. Le mouvement se consolide à coups de centaines de motions signées par des universités, des laboratoires et des revues scientifiques. « La mobilisation actuelle est à la hauteur de celle de 2009. La vague ne cesse de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

L’école comme horizon commun
Fiction 20 juillet 2026 abonné·es

L’école comme horizon commun

2027. Dans un discours fondateur, une nouvelle ministre de l’Éducation nationale et populaire promet de rebâtir une école publique affaiblie, en faisant de la justice sociale, de la mixité et de l’engagement collectif les piliers d’un projet politique assumé. Un texte de fiction sur fond d’une victoire de la gauche, et qui clôt la mise en ligne de notre hors-série en ligne « Gauche, où vas-tu ? ».
Par Laurence De Cock
« Le système des algorithmes nous force à travailler jusqu’à épuisement »
Entretien 3 juillet 2026 abonné·es

« Le système des algorithmes nous force à travailler jusqu’à épuisement »

Dans son récit photographique Uber Life, la jeune artiste Tassiana Aït-Tahar, ancienne livreuse pour Uber Eats, raconte de l’intérieur un travail très rude. Elle dit aussi les solidarités qui permettent de tenir, de résister.
Par Anaïs Heluin
« La transition écologique n’a pas lieu car elle est piégée dans la logique du capitalisme »
Entretien 3 juillet 2026

« La transition écologique n’a pas lieu car elle est piégée dans la logique du capitalisme »

Timothée Parrique, économiste spécialiste de la décroissance, appelle à ralentir l’économie, à repenser notre rapport à la croissance pour enfin enclencher la transition écologique tant attendue.
Par Vanina Delmas
Canicule : « Les gens s’en foutent que les livreurs souffrent de la chaleur »
Récit 30 juin 2026 abonné·es

Canicule : « Les gens s’en foutent que les livreurs souffrent de la chaleur »

Leur santé physique et psychique était déjà détériorée, cet épisode caniculaire a abîmé encore un peu plus les livreurs de repas à domicile. Des hommes très souvent immigrés, précaires et obligés de travailler jusqu’à l’épuisement sans aucun droit.
Par Céline Martelet