Politiques de sécurité : aux armes, citoyens !

Et si la démocratie participative pouvait contribuer à restaurer la confiance de la population envers les forces de l’ordre ?

Nadia Sweeny  et  Oriane Mollaret  • 22 juillet 2020 abonné·es
Politiques de sécurité : aux armes, citoyens !
Lors d’un contrôle à Marseille, le 17 mars 2020.
© GERARD JULIEN/AFP

Conférences citoyennes de consensus, convention citoyenne pour le climat, RIC… La démocratie participative a le vent en poupe. Pourtant, la France semble freiner des quatre fers lorsqu’il s’agit de s’en remettre aux citoyen·nes en matière de sécurité, quand bien même les liens entre la population et sa police se délitent. Inclure les citoyens dans l’élaboration des politiques de sécurité pourrait-il rétablir ces liens ? De nouvelles manières de faire pourraient-elles renouer la confiance ?

Des chercheuses de l’École nationale de travaux publics de l’État (ENTPE) ont fait ce pari avec les jeunes d’un centre social de Vaulx-en-Velin, une banlieue lyonnaise dont l’histoire est émaillée de violences policières et d’émeutes. « On retrouve les mêmes problèmes dans les quartiers dits sensibles, constate Anaïk Purenne, -sociologue à l’ENTPE. Les jeunes y sont toujours des cibles de l’action publique, mais ils ne sont jamais considérés comme de potentiels partenaires. La sécurité, ce n’est pas que la police : les citoyens y ont aussi une place. Je mise beaucoup sur l’intelligence collective. »

Le projet, baptisé « PoliCité69 », aboutit à l’organisation d’une conférence citoyenne de consensus, fin 2018, réunissant des citoyens « profanes » – sans connaissances particulières sur le sujet – et des membres des forces de l’ordre. « Au début, les policiers et les gendarmes étaient réticents à parler des problèmes de contrôles au faciès, se souvient Anaïk Purenne. Puis ils ont vu que le climat était serein, donc ils se sont complètement saisis de la question. Ils ont même proposé de lancer un chantier national

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Société Police / Justice
Temps de lecture : 7 minutes

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