« Personne ne sort les fusils »,de Sandra Lucbert : Sabre au clair
Dans Personne ne sort les fusils, Sandra Lucbert revient sur le procès des dirigeants de France Télécom, qui s’est tenu au printemps 2019. Sous la forme d’un texte poético-pamphlétaire plus ou moins explosif.
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© Bénédicte Roscot
Rappelons-nous ce chef-d’œuvre de cynisme : « Finalement, cette histoire de suicides, c’est terrible, ils ont gâché la fête. » Il fut prononcé par Didier Lombard lors du retentissant procès France Télécom-Orange pour harcèlement moral, qui s’est tenu au printemps 2019. Mise en exergue de Personne ne sort les fusils, cette citation indique le sujet du livre de Sandra Lucbert, auteure jusqu’ici de deux romans, Mobiles (Flammarion, 2013) et La Toile (Gallimard, 2017). C’est pourquoi l’effet de surprise est imparable. Les premières pages s’ouvrent bien sur une scène judiciaire, mais d’une tout autre nature, alors inédite et d’emblée historique – c’était en 1945 – et filmée par John Ford : le procès de Nuremberg. Puis l’auteure traque ce qui dans les propos de certain·es (un journaliste du Figaro, une procureure, François Ruffin…), dans ou hors les audiences France Télécom, renvoyait plus ou moins consciemment à ce qui fut le premier procès invoquant le crime contre l’humanité.
Commencer d’emblée sur une telle analogie est
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