Najah Albukai : La Syrie à perpétuité
Arrivé en France en 2015, Najah Albukai témoigne par le dessin et la gravure de l’horreur vécue en prison à Damas entre 2012 et 2014.
dans l’hebdo N° 1649 Acheter ce numéro

Faites d’un entrelacs de traits noirs, elles semblent réchapper d’une obscurité plus épaisse que la nuit. Souvent amassées, ployant sous une charge qui n’est pas toujours visible, les figures de Najah Albukai peuplent le papier comme une image récurrente le fait d’un cauchemar. Impossible de trouver la distance juste pour les regarder : face à la douleur, à la déshumanisation dont elles témoignent, on se sent à la fois trop près et trop loin. On éprouve une sidération proche de celle que suscite Shoah de Claude Lanzmann. Proche, mais guère identique. Loin d’amoindrir, de relativiser l’horreur de la prison syrienne, le dessin et la gravure offrent une distance au réel qui en décuple la présence