« La greffe de l’administration autonome a pris »
Dominé par le mouvement kurde, le Nord-Est syrien pluriethnique apparaît comme une entité viable, constate Patrick Haenni.
dans l’hebdo N° 1661 Acheter ce numéro

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Chercheur à l’Institut universitaire européen, à Florence, Patrick Haenni suit l’ensemble des oppositions syriennes sur le terrain depuis 2012, peu après le début de l’insurrection des forces démocratiques contre le régime du dictateur Bachar Al-Assad. Il a notamment publié en 2020 Survivre à la disparition de l’État islamique. La stratégie de résilience du mouvement kurde syrien.
Vous constatez que la « greffe » de l’autoadministration a pris au Nord-Est syrien (NES). Comment a-t-elle réussi à se consolider ?
Patrick Haenni : Premier point, l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie (Aanes) a réussi à assurer un bon niveau de sécurité avec un degré de coercition relativement modéré selon les normes syriennes. C’est un facteur fondamental de légitimation dans un pays