Avec « Éloge du vieux con moderne », Christophe Alévêque hausse le ton

L’humoriste livre un tableau tragicomique du monde contemporain.

Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.


Christophe Alévêque n’en est pas à son premier coup de gueule. Chacun de ses spectacles sur scène en est un. Chacune de ses prestations, de la « Fête de la dette » à sa fameuse « revue de presse », d’une élection présidentielle à l’autre (1), se veut une réflexion sur les travers de notre monde. Cette fois, il remet le couvert à l’écrit avec Éloge du vieux con moderne, assumant parfaitement ses diatribes (puisque le vieux con moderne, baptisé « le VCM », c’est lui), rehaussant le ton, exagérant avec beaucoup de justesse les torts du quotidien. Ou plutôt ce qu’est devenu notre quotidien, pétri de contradictions, au diapason de l’époque.

Rétif au « nouvel ordre moral », déclinant un comique atrabilaire, l’humoriste cingle la dictature du respect qui étouffe la critique, une liberté d’expression devenue « un personnage de fiction », le triomphe de la « sécurité globale », de fichages en arrestations illégales, le tout--numérique et les Gafam, ici une police qui s’arroge la loi, là une « débâcle des sachants », des « experts en expertise », des caméras de surveillance, le déluge d’infos sans recul, les complotistes, dont il écrit que « l’incertitude est leur terreau, l’irrationnel leur drogue, et la panique leur bonheur ». In fine, « Machiavel est dépassé ».

Pour Christophe Alévêque, « de politique répressive en politique coercitive, de nouvelles normes, de nouvelles lois, de nouvelles règles, de nouvelles restrictions, de nouvelles interdictions se sont empilées les unes sur les autres, dictant toujours plus nos conduites ».

Voilà l’humoriste perplexe ou sidéré. Désabusé ? Oui. Tout en maintenant son humour au vitriol et jubilatoire. Est-ce à dire que c’était mieux avant ? « Le VCM se fout de cette fausse question. Ce n’était ni mieux ni pire. C’était. » On appelle ça l’humour du désespoir.

(1) Christophe Alévêque sera sur la scène du Théâtre du Rond-Point, à Paris, les 10 et 24 avril, à 18 h 30, pour deux spectacles « spéciale présidentielle », avec résultats en direct.

Éloge du vieux con moderne, Christophe Alévêque, éditions du Cerf, 192 pages, 18 euros.


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.