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Publié le 10 mars 2008

Municipales: Premier commentaire

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Le scrutin du 9 mars restera certainement dans les annales comme un scrutin ambigü. Le brouillage des repères droite-gauche dans un grand nombre de villes, où figuraient sur la liste d'un candidat se revendiquant de la droite des candidats se prétendant de gauche, ou des candidats du MoDem ou de la droite sur celle dirigée par un socialiste ne contribue pas à une lecture aisée du scrutin. Pas plus que le comportement des électeurs qui, plus que jamais, ont privilégiés les enjeux locaux. Néanmoins, dans l'attente d'un second tour, qui clairifiera les choses, il faut bien se risquer à tirer quelques enseignements de cette élection.

La poussée de la gauche est importante , mais elle n'est pas aussi nette que ce que les sondages pouvaient laisser croire. La droite a senti dimanche le vent du boulet sans le prendre en plene tête. Car vraie gagnante de ce premier tour est l'abstention, qui progresse par rapport à 2001. Ce qui conduit les deux camps à appeler à la mobilisation pour le second tour.

Gains à gauche

La gauche emporte dès le premier tour Rouen, Laval, Alençon, Bourg-en-Bresse, Annonay, Rodez, Dieppe et Vierzon. Le PS conserve dès le 1er tour les villes de Lyon, Nantes, Dijon, Le Mans, Poitiers, Cherbourg, La Rochelle, Tourcoing, Auxerre. Il est très bien placé à Paris, Lille, Caen, Strasbourg, Rennes, Brest, Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais, face à la FN Marine Le Pen), mais aussi Quimper, Narbonne, Blois et Mende, voire Toulouse, Aix-en-Provence et Amiens. A Reims et à Metz, des luttes fratricides à droite font le jeu du PS pour le second tour.

Les réélections, dès le 1er tour, de Gérard Collomb à Lyon, ou de François Rebsamen à Dijon, deux villes bien ancrée à droite avant leur conquête en 2001, ne manqueront pas d'être exploitées par ceux qui au PS rêvent d'un recentrage. Après avoir mis fin à l'omniprésence de la droite dans la cité des Ducs en 2001, François Rebsamen (56,17%) était en effet à la tête d'une liste allant du MoDem aux communistes; il a distancé son principal rival, l'UMP François-Xavier Dugourd de près de 20 points (36,44%), malgré la présence de quatre listes d'extrême gauche, qui ont totalisées moins de 7,5%. Ségolène Royal a d'ailleurs appelé à «faire des alliances partout avec le MoDem» . Un calcul qui se heurte à une autre donnée du scrutin: le bon maintien, voire la poussée, d'une gauche de gauche.

Le PCF a bien tiré son épingle du jeu au premier tour des municipales, reprenant des villes à la droite comme Dieppe, Vierzon, et offrant une belle résistance à l'offensive du PS qui voulait lui ravir plusieurs cités de Seine-Saint-Denis.

La droite sauve les meubles

Les ministres candidats s'en sortent plutôt bien. Ce qui n'était pas acquis, un vote sanction en faisant des cibles de prédilection. Deux d'entre eux, Laurent Wauquiez (porte-parole) et Luc Chatel (Consommation) ont même conquis dès le 1er tour des villes détenues par la gauche, Le Puy-en-Velay et Chaumont. Seuls quatre ministres paraissent en réelle difficulté pour le second tour: Christine Lagarde (Economie) et Christine Albanel (Culture) sont très largement distancées à Paris; Xavier Darcos (Education), maire sortant de Périgueux, devra batailler face au PS Michel Moyrand et Rama Yade (Droits de l'Homme) est mal partie à Colombes.

La droite résiste dans plusieurs villes symboles où elle paraissait menacée. A Bordeaux, là même où il avait subi un cuisant revers il y a 9 mois aux législatives, l'ancien Premier ministre Alain Juppé obtient une très belle revanche, avec 56,62% des voix. La droite conserve aussi des bastions comme Toulon, Troyes, Epinal et Meaux. Enfin à Marseille, les listes du sortant UMP Jean-Claude Gaudin devançent celles du PS Jean-Noël Guérini (41% contre 39%).

Les cantonales sourient à la gauche

L'avantage en faveur de la gauche est plus net aux cantonales, avec près de 48% des voix contre 41% à l'UMP et ses alliés. Deux figures du parti, François Hollande en Corrèze et Arnaud Montebourg en Saône-et-Loire, s'apprêtent déjà à assumer la fonction de président de conseil général.


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