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Publié le 23 septembre 2008

PS: l'égalité a encore des progrès à faire

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Le PS n'est pas le royaume des égaux, même si beaucoup d'égos s'y affrontent. Le conseil national de synthèse qui enregistrait, ce soir, les motions soumises au vote des militants en a a administré la preuve par deux.

Preuve numéro un : le tirage au sort. C'est ainsi que se décide (officiellement) la numérotation des motions qui décide dans quel ordre elles seront publiées dans le cahier spécial de L'Hebdo des socialistes . Ce tirage au sort fixe aussi les tours de parole des orateurs qui les défendent. Depuis quelques années déjà, le sort fait bien les choses. Au congrès du Mans, le hasard avait placé en pôle position la contribution de François Hollande, avant que le Premier secrétaire décroche la première ligne pour sa motion. Début juillet, la modeste contribution du futur ex-patron du PS avait de nouveau décroché la timbale. Juste devant Bertrand Delanoë (n°2) et Martine Aubry (n°3). Curieux, non? François Hollande ne présentant aucune motion au congrès de Reims, devinez qui hérite du bouton de TF1 (celui par lequel les téléspectateurs allument leur poste et qui confère à la chaîne de Martin Bouygues une audience automatique incompressible)? Bertrand Delanoë bien sûr puisque c'est celle que ce roublard de François Hollande a choisi de soutenir, parmi les trois motions défendues par ceux qui formaient sa majorité. Delanoë est bien le favori de Solferino.

Preuve numéro deux : le chronométrage. Ce soir, chaque premier signataire de motion disposait (théoriquement) de 15 mn pour présenter son texte. Mais la tocante à aiguille de Gérard Collomb, le président du Conseil national, a le minutage sélectif. Comme l'indique avec précision les temps de parole relevés sur mon chronomètre numérique:
- Bertrand Delanoë, 15'48s
- Christophe Caresche (Pôle écologiste), 12'17s
- Benoît Hamon, 12'05s.
- Martine Aubry, 12'43s.
- Najat Vallaud-Belkacem, Vincent Feltesse, François Rebsamen (motion de Ségolène Royal), 15'41s
- Franck Pupunat (Utopia), 11'19s

Si Gérard Collomb a attendu la 15e minute pour signifier à Bertrand Delanoë que son temps de parole était épuisé, Christophe Caresche et Martine Aubry ont été priés d'abréger avant la 12e minute. Une mésaventure dont Benoît Hamon, à la tête de la première motion qui rassemble tous les courants de gauche du PS depuis 30 ans, s'est préservé en décidant de lui-même de faire court. A ce petit jeu de rabotage, c'est le porte-parole d'Utopia qui fut le plus mal traité: le maire de Lyon lui a demandé de conclure après 7'50s seulement. Sans l'intervention discrète de Corinne Morel Darleux, une des animatrices d'Utopia, venue rappeler le président de séance à ses devoirs, Françk Pupunat n'aurait pas eu le moindre rab...

Faut-il préciser que les orateurs qui présentaient collectivement la motion de Ségolène Royal, dont le premier signataire n'est autre que... Gérard Collomb, n'ont été interrompu par aucun rappel d'horloge?

L'égalité n'est pas tout à fait la même pour tous.


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