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Publié le 24 novembre 2008

Jacques Généreux passe du PS au PG

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Alors que le PS se lance dans une impossible vérification du vote pour l'élection de son Premier secrétaire et s'embourbe dans une crise insoluble, le Parti de gauche lancé par Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez engrange de nouvelles recrues. Après les animateurs d'Utopia, c'est au tour de deux autres responsables nationaux du PS, le spécialiste des questions ssociales Jacques Rigaudiat et l'économiste Jacques Généreux, de quitter le PS pour rejoindre cette nouvelle formation. Deux arrivées qui doivent ravir le sénateur de l'Essonne. Dans un long entretien que nous avons eu avec lui vendredi dernier et que vous découvrirez dans Politis jeudi, M. Mélenchon nous indiquait que son nouveau parti était «demandeur» d'économistes pour repenser un autre modèle de société.

Dans un long communiqué, disponible sur son site internet et sur celui du Parti de gauche, Jacques Généreux estime « venu le temps où la lucidité politique commande de reconnaître [sa] défaite» : «La ligne politique que je crois la plus adaptée aux défis du XXIe siècle, et la plus susceptible de s’opposer à la grande régression engagée par la droite, reste irréductiblement minoritaire au sein du PS » , constate-t-il.

Après plusieurs années d'engagement «contre la dérive du PS et de ses homologues européens vers les politiques et les valeurs néolibérales» , Jacques Généreux juge les résultats du congrès de Reims «peu équivoques» :
- la «ligne résolument socialiste» conduite par Benoît Hamon «est soutenue par moins d’un militant sur 5» ;
- «50% des militants (vote Ségolène Royal, le 21 novembe) estiment que le clivage gauche-droite est dépassé, et que l’avenir de la transformation sociale passe par la mutation du PS en un parti démocrate allié au centre-droit» ;
- «la courte victoire de Martine Aubry» serait « celle d’une coalition ambiguë intégrant les plus ardents défenseurs des options libérales, celle d’un front construit sur le rejet de Ségolène Royal, et non sur une ligne commune concernant des questions aussi essentielles que le libre-échange ou le traité de Lisbonne» .

L'auteur de La Dissociété, qui a signé l'Appel de Politis bien qu'il était membre du conseil national du PS, ne croit «pas utile de dépenser [son] énergie à convaincre 50 % des militants du PS de redevenir "socialistes"» et préfère répondre à «l’exaspération des électeurs qui attendent d’un responsable politique qu’il s’occupe enfin davantage du pays que de son parti» .

Sans *«illusion sur la capacité de la "gauche du PS" à constituer rapidement l’axe central de ce parti sur les questions économiques, sociales ou européennes» , celui qui fut un des argumentateurs et acteurs de la campagne du "non" de gauche au traité constitutionnel européen dénonce l' «entêtement» des responsables socialistes « à bafouer la démocratie» qui, en voulant imposer le traité de Lisbonne, «ne peuvent que nourrir un ressentiment antisocialiste et antieuropéen, dont le principal débouché politique sera la montée d’un populisme gauchiste ou nationaliste, au détriment d’une gauche de gouvernement proeuropéenne» . C’est avec ceux avec qui il avait combattu «cette funeste perspective» en 2005, qu'il entend, «en 2009, mener à nouveau une campagne pour cette Europe-là»* .

En annonçant qu'il s'engage , lui aussi, «dans la construction du "Parti de Gauche"» , Jacques Généreux «appelle tous ceux qui [lui] ont fait jusqu’ici l’honneur de manifester leur soutien à [ses] engagements à [le] rejoindre dans cette entreprise». Vue l’impasse dans laquelle s’enferre le PS, ça risque de faire du monde.


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