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Publié le 16 septembre 2009

Barroso réélu, les « socialistes » européens nullissimes

José Manuel Barroso rempile. Le président de la Commission européenne a été réélu ce midi pour un second mandat de cinq ans par le Parlement européen. Malgré un bilan calamiteux, décrié jusque dans les rangs conservateurs, l'ancien Premier ministre portugais a obtenu une confortable majorité absolue en recueillant 382 voix contre 219 et 117 abstentions. Les socialistes européens, contrairement à leur engagement de campagne, avaient décidé hier soir de... s'abstenir.

Barroso à l'annonce de sa réélection, le 16 septembre.

La réélection de ce néolibéral atlantiste , sur laquelle un faux suspens avait été entretenu, ne faisait plus guère de doute depuis quelques jours. Lundi, les derniers opposants à sa reconduction, et singulièrement le groupe des Verts, avaient tenté un dernier baroud en réclamant, en vain, un report du vote. L'idée à laquelle ils se raccrochaient était simple: sous le régime des traités en vigueur, LE candidat1 est élu à la majorité relative; quand le traité de Lisbonne sera en vigueur, LE candidat2 devra impérativement convaincre une majorité absolue d'eurodéputés. Il suffisait donc d'attendre un «oui» irlandais le 2 octobre 3 et l'entrée en vigueur dudit traité pour espérer renvoyer Barroso au Portugal. Raté! En obtenant les suffrages de plus de 50% des députés européens (368) celui-ci a fait la preuve qu'il disposait des soutiens suffisants même en cas d'application du traité de Lisbonne.

Elu avec la complicité des «socialistes» européens

M. Barroso, qui était soutenu par l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne, et notamment les «socialistes» José Luis Zapatero (Espagne), José Socrates (Portugal) et Gordon Brown (Royaume-uni), avait le soutien du groupe PPE (conservateurs, 265 élus), des libéraux du groupe ALDE (84 élus) présidé par le belge Guy Verhofstadt4, et des conservateurs eurosceptiques (CRE, 54 élus). Au mieux, c'est-à-dire à la double condition que tous les élus de ces trois groupes soient présents lors du vote et qu'ils s'en tiennent à une discipline de vote inexistante au Parlement européen, M. Barroso pouvait donc espérer recueillir 354 voix.

L'appui d'un nombre important de députés «socialistes» européens et la piètre consigne d'abstention prônée par leur président de groupe, l'allemand Martin Schülz, a permis la réélection de José Manuel Barroso. Même si ce scrutin est secret5, il est de notoriété publique qu'un nombre important de socialistes souhaitaient approuver la désignation de M. Barroso et suivre ainsi «les propos de leur Premier miinstre» , comme l'a reconnu lui-même Martin Schülz, ce matin, sur France inter.

Au micro de la radio de service public, le président du groupe « Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen »6 a péniblement justifié son absence de vote. Selon lui, l'abstention «laisse 3-4 mois» à M. Barroso «pour voir s'il est capable de tenir les promesses qu'il a faite» et «c'est une formule qui va permettre [à son groupe] d'influencer le plus les positions politiques de la Commission» .

L'abstention laisse à Barroso le temps de faire ses preuves.

Qu'importe que M. Barroso ait déjà passé cinq ans à la tête de la Commission , «ce n'est pas le bilan qu'on juge» , explique le chef de «socialistes» européens qui prétend aussi qu'en s'abstenant ces derniers montrent qu'ils sont opposés à sa réélection.

L'abstention est une opposition

L'argumentation est pitoyable et ne fait qu'illustrer une fois de plus l'état de déliquescence de la social-démocratie européenne. Dans un système où il suffit d'une majorité relative pour être élu, toute abstention facilite l'obtention de cette majorité. Si Martin Schülz a préféré éviter de s'opposer à l'élection du président de la Commission, c'est moins pour mettre en oeuvre une aussi subtile qu'incompréhensible stratégie politique que pour respecter l'accord de cogestion passé, début juillet, entre les conservateurs, les libéraux et les «socialistes» au Parlement européen7, et ne pas ruiner ses chances d'être nommé par son gouvernement, dans quelques semaines, à un poste de commissaire auprès de... M. Barroso.

Stop Barroso! Mais c'était en mai. «Voter pour le PSE pour s'opposer à Barroso» , était au printemps le principal argument de campagne des «socialistes». En France comme en témoigne le tract reproduit ci-contre (une pièce rare car il est regretable que le PS ait supprimé toute trace de son site internet de campagne et des documents qu'il contenait), et en Europe. On se souvient qu'au meeting de lancement de la campagne européenne des socialistes européens, à Toulouse, Martin Schülz n'avait pas de mots assez durs pour appeler à battre M. Barroso.

Avec des opposants pareils , et même si les socialistes français assurent avoir voté contre, comme les Verts et les élus du groupe GUE/NGL (Jean-Luc Mélenchon et les députés du Front de Gauche), il ne faudra pas s'étonner si les électeurs socialistes qui s'intéressent, fut-ce d'un oeil distrait, à ce qui se passe au Parlement européen, sont tentés la prochaine fois de glisser dans l'urne un bulletin en forme de bras d'honneur.

Illustration - Barroso réélu, les « socialistes » européens nullissimes



  1. Il ne peut y en avoir, on est en «démocratie» européenne donc comme lors d'un référendum le choix est entre «oui» et «oui». 

  2. Il n'y en aura toujours qu'un seul, pourquoi voulez-vous changer une «démocratie» que le monde nous envie. 

  3. En bon «démocrates» européens, ils n'imaginent pas que les Irlandais votent autrement. 

  4. Celui que François Bayrou aurait voulu voir à la présidence de la Commission européenne!! 

  5. En infraction avec le principe de responsabilité qui sied à des élus, dont les mandants doivent pouvoir vérifier les choix et décisions. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes en «démocratie» européenne... 

  6. Le groupe du Parti des socialistes européens a changé d’appellation en juillet pour incorporer les élus du Parti démocrate italien, amis politiques de François Bayrou. Tout un programme. 

  7. Cet accord qui fixe la répartition des principaux postes de responsabilité entre ces groupes a déjà permis l'élection d'un ultra-conservateur polonais à la présidence du Parlement pour deux ans et demi avec l'assurance qu'un socialiste en peau de lapin lui succédera. Peut-être M. Schülz lui-même s'il n'obtient pas d'ici là un meilleur poste. 


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