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Publié le 3 juillet 2012

La confiance ne se décrète pas plus que l’austérité…

Illustration - La confiance ne se décrète pas plus que l’austérité…
Que retenir du discours de politique générale prononcé cet après-midi à l’Assemblée nationale par Jean-Marc Ayrault ? Durant un peu plus d’une heure trente, le Premier ministre a exposé l’orientation de son gouvernement. L’exercice est convenu, quasi obligé, et l’issue ne faisait pas de doute, le gouvernement disposant d’une majorité disposée à lui accorder la confiance1. Néanmoins, Jean- Marc Ayrault était attendu au tournant de la rigueur.

Sans effet oratoire , l’ex-maire de Nantes s’est assez laborieusement acquitté de sa tâche, butant fréquemment sur des mots, saluant dans un lapsus révélateur les députés d’un « mes chers collègues » , l’homme qui est censé être « le chef de la majorité » étaient dans un costume un peu grand pour lui. Et c’est d'avantage en honnête exécutant qu'il a (re)présenté à la nation le programme du candidat François Hollande. L’exercice aura peut-être été utile à ceux qui ont manqué des épisodes de la campagne présidentielle. Ils auront appris que le gouvernement n’entend « pas gouverner en cent jours » mais « installer le changement dans la durée » , vieille application du concept de gauche durable lancée par Hollande dans les réunions socialistes au lendemain de la défaite de 2002. Concrètement cela se traduira, comme l’avait expliqué il y a quelques mois Michel Sapin, par un quinquennat en deux temps : celui des « grandes réformes de structure » d’abord, puis celui où l’on pourra « tirer les bénéfices de l’effort collectif » (si bénéfices il y a).

Effort. Sans doute le maître-mot du discours de Jean-Marc Ayrault et finalement le vrai programme de son gouvernement. « Le rétablissement des comptes publics » est LA priorité du gouvernement. Le Premier ministre l’a dit de multiples manières, en rappelant que le « retour à l’équilibre budgétaire en 2017 » constituait l’horizon du quinquennat.

« Le rétablissement des comptes publics est un enjeu majeur. »

« La maîtrise des dépenses est indispensable. Elle ne sera pas suffisante. De nouvelles recettes fiscales seront mobilisées. La volonté de ce gouvernement c’est de solliciter d’abord ceux qui jusqu’ici ont été exonérés de l’effort collectif. »

Car si d’autres « priorités » existent , qui ont également été fixées par le Président de la République, « la jeunesse, la sécurité et la justice » , celles-ci « seront respectées sans pour autant creuser nos déficits et notre dette » . Il y a donc bien une priorité plus prioritaire que les autres. Justifiée par une situation encore encore aggravée, a insisté le Premier ministre en révisant à la baisse ses prévisions de croissance : 0,3 % pour 2012 et environ 1,2 % pour 2013, contre 0,4 % et 1,7 % attendus.

Pour autant, et malgré le revirement de François Hollande sur le traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance (TSCG), Jean-Marc Ayrault, qui en appelle assez naïvement au « patriotisme » des dirigeants, décideurs et candidats à l’exil fiscal, pour participer au « redressement » , nie que son gouvernement ait pris le « tournant de la rigueur » : « Je revendique le sérieux et la responsabilité budgétaires. Je veux la justice fiscale. J’appelle à l’effort national. Mais je refuse l’austérité. »

Cette dénégation est également convenue. A-t-on déjà vu un responsable politique accepter l’austérité ? Comme la confiance, l’austérité ne se décrète pas. Mais comme la confiance elle est toujours le résultat de politiques menées. Or celle que Jean-Marc Ayrault et François Hollande ont choisi de suivre a une forte probabilité de nous y conduire.



  1. Celle-ci lui a été accordée par 302 voix sur 527 votants. 


Crédit photo: PATRICK KOVARIK / AFP

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