« Les quotas s’appliquent toujours au détriment des droits de la personne »

À travers une analyse des politiques
mises en place
à l’échelle de l’Europe et de la France, Claire Rodier*, présidente
du réseau Migreurop, critique la gestion actuelle des flux migratoires.

Clotilde Monteiro  • 8 février 2007 abonné·es

L'échec des politiques d'immigration des pays européens est avéré. La répétition de drames comme ceux de Ceuta et Melilla l'ont dramatiquement démontré. La piste du codéveloppement, désormais prônée par le PS et l'UMP, peut-elle être une solution au problème des flux migratoires ?

Claire Rodier : Le codéveloppement, on en parle depuis vingt-cinq ans, mais rien n'a jamais été fait concrètement. Il est souvent, à tort, présenté comme facteur de réduction de l'émigration alors que le traitement politique des deux questions devrait être dissocié. On vend aujourd'hui le codéveloppement comme un moyen d'enrayer l'immigration illégale. Il est pourtant notoire qu'un des premiers effets du développement dans un pays pauvre est de favoriser le départ de ses ressortissants [^2]. Au mieux, son impact, en termes de réduction des flux migratoires, n'est tangible que dix, vingt, voire trente ans après. C'est donc une erreur, pour ne pas dire un leurre, de prétendre résoudre par ce biais les problèmes actuels. D'ailleurs, les conclusions des deux premières conférences euro-africaines sur la migration et le développement,

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 6 minutes

Pour aller plus loin…

« Les interdictions de manifestation révèlent un affaiblissement préoccupant de l’État de droit »
Entretien • 3 novembre 2026 abonné·es

« Les interdictions de manifestation révèlent un affaiblissement préoccupant de l’État de droit »

Nathalie Tehio, avocate et présidente de la Ligue des droits de l’Homme, décrypte les mécanismes du virage autoritaire et appelle à une mobilisation collective pour défendre les libertés fondamentales.
Par Pierre Jacquemain
Depuis le 17 octobre, la surenchère autoritaire
Analyse • 3 novembre 2026 abonné·es

Depuis le 17 octobre, la surenchère autoritaire

Marine Le Pen, Jordan Bardella, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Emmanuel Macron… Les pontes de la droite et de l’extrême droite redoublent de propositions toujours plus sécuritaires face à la colère sociale.
Par Lucas Sarafian et William Jean
Un étudiant enfermé au CRA de Vincennes après son interpellation en marge d’une manifestation
Répression • 30 octobre 2026

Un étudiant enfermé au CRA de Vincennes après son interpellation en marge d’une manifestation

Seize personnes étrangères ont été enfermées au centre de rétention administrative de Vincennes après les dernières manifestations. Parmi elles, Stanislas*, 18 ans, étudiant de Paris 8, interpellé en marge de la mobilisation du 24 octobre. Ses avocats mandatés par la Legal Team Antiraciste dénoncent un « acharnement » qu’ils qualifient « d’illégal ».
Par Pauline Migevant
Martin Sellner, l’homme qui se cache derrière le concept raciste de « remigration »
Portrait • 30 octobre 2026 abonné·es

Martin Sellner, l’homme qui se cache derrière le concept raciste de « remigration »

Finalement interdit par les autorités, le Sommet de la remigration devait se tenir le 31 octobre en Île-de-France, réunissant l’extrême droite européenne et outre-Atlantique autour du projet d’expulsion massive de personnes d’origine étrangère. Star de l’événement, l’autrichien Martin Sellner, théoricien et militant identitaire qui a imposé le terme dans le débat public, a été expulsé de France. Portrait.
Par Juliette Heinzlef