« Les quotas s’appliquent toujours au détriment des droits de la personne »
À travers une analyse des politiques
mises en place
à l’échelle de l’Europe et de la France, Claire Rodier*, présidente
du réseau Migreurop, critique la gestion actuelle des flux migratoires.
dans l’hebdo N° 938 Acheter ce numéro
L'échec des politiques d'immigration des pays européens est avéré. La répétition de drames comme ceux de Ceuta et Melilla l'ont dramatiquement démontré. La piste du codéveloppement, désormais prônée par le PS et l'UMP, peut-elle être une solution au problème des flux migratoires ?
Claire Rodier : Le codéveloppement, on en parle depuis vingt-cinq ans, mais rien n'a jamais été fait concrètement. Il est souvent, à tort, présenté comme facteur de réduction de l'émigration alors que le traitement politique des deux questions devrait être dissocié. On vend aujourd'hui le codéveloppement comme un moyen d'enrayer l'immigration illégale. Il est pourtant notoire qu'un des premiers effets du développement dans un pays pauvre est de favoriser le départ de ses ressortissants [^2]. Au mieux, son impact, en termes de réduction des flux migratoires, n'est tangible que dix, vingt, voire trente ans après. C'est donc une erreur, pour ne pas dire un leurre, de prétendre résoudre par ce biais les problèmes actuels. D'ailleurs, les conclusions des deux premières conférences euro-africaines sur la migration et le développement,
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