Les violences policières sont-elles taboues ?

Magistrat et syndicaliste, Clément Schouler a été condamné pour diffamation envers la police, après avoir dénoncé les contrôles au faciès. Diverses études montrent pourtant que ces manquements sont une réalité.

Christine Tréguier  • 15 février 2007 abonné·es
Les violences policières sont-elles taboues ?

Clément Schouler, magistrat syndicaliste, a été condamné par la Cour d'appel de Paris à une amende de 800 euros pour avoir écrit : « Les contrôles d'identité au faciès, bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante mais se multiplient. » Le fait est assez exceptionnel pour qu'on s'interroge sur le fond.

Cette phrase provient de l'opuscule Vos Papiers ! Que faire face à la police ? , publié fin 2001 à l'Esprit frappeur. Le contexte est celui de la « guerre contre le terrorisme », après les attentats du 11 Septembre : les lois sécuritaires se succèdent et les contrôles policiers se multiplient. Le Syndicat de la magistrature (SM) et son vice-président, Clément Schouler, jugent alors utile de rédiger ce petit vade-mecum des droits à l'usage des citoyens.

Quelques semaines plus tard, le SM, Clément Schouler, le graphiste Placid et l'éditeur Michel Sitbon sont mis en examen pour « diffamation publique envers la police nationale »

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