Comme en 1968, la jeunesse montre la voie

Une fois de plus, la jeunesse est à l’initiative d’un mouvement social. Les syndicats doivent soutenir le 17 octobre et proposer un plan pour défaire Macron et son austérité, appellent les signataires d’une tribune collective.

Collectif  • 15 octobre 2026
Partager :
Comme en 1968, la jeunesse montre la voie
© Maxime Sirvins

Depuis deux semaines, la jeunesse lycéenne a réveillé la lutte de classes dans le pays. Leurs revendications sont simples mais profondes : elles portent sur leurs conditions d’études, le 8h-18h, la sélection, mais aussi sur l’avenir qui est réservé à la jeunesse, fait de guerres et de misère. Sur les blocus, ce sont nos enfants, nos neveux et nos nièces qui se mobilisent, et qui rappellent qu’il est possible de lutter avec une énergie impressionnante.

La réponse du gouvernement depuis le début de la mobilisation est simple : une répression brutale, qui a mutilé, blessé ou traumatisé des centaines d’adolescents pour tenter de terroriser l’ensemble de la jeunesse. Nous avons déjà vu ce scénario se dérouler sous nos yeux, car c’est celui que réservent les gouvernements macronistes à chaque mouvement qui met en danger son projet anti-ouvrier, incarné aujourd’hui par le budget austéritaire qui se prépare.

Convergences

C’est parce que nous partageons les revendications des lycéens que de premières convergences ont eu lieu avec le monde du travail. Au travers des personnels de l’éducation bien sûr, en première ligne pour défendre leurs élèves, comme à Paul Eluard à Saint-Denis. Mais aussi avec des initiatives de solidarité de raffineurs, de métallos, de soignants et de syndicalistes de différents secteurs au Havre, à Paris et dans de nombreuses villes du pays le 6 octobre.

Sur le même sujet : Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs »

Pourtant, la réponse de la quasi-totalité des directions syndicales est en décalage complet avec les besoins du moment. La semaine dernière, elles ont appelé à une mobilisation interprofessionnelle le 5 novembre, dans un véritable signal d’abandon de la jeunesse. Une position inacceptable, qui rappelle les pires prises de position des dernières années, comme lors du mouvement des Gilets jaunes, privé de soutien de nos organisations au moment le plus décisif.

Nous refusons de laisser les lycéens isolés.

Militants ouvriers, syndicalistes, élus dans nos entreprises et lieux de travail, nous refusons de laisser les lycéens isolés. À quelques jours du 17 octobre, qui cristallise une colère large face au prix du carburant, nous sommes convaincus que ce mouvement peut être victorieux et permettre de changer le rapport de forces dans le pays. Ce serait un levier essentiel pour affaiblir l’extrême droite.

Aussi, nous appelons nos organisations à se positionner clairement en soutien à la jeunesse et à appeler à la mobilisation nationale à leurs côtés le 17 octobre et après, pour organiser l’affrontement avec le gouvernement. Comme en mai 1968, les travailleurs doivent répondre à l’appel des jeunes, et commencer à se mettre en mouvement par leurs propres méthodes.


Cette tribune a été signée par plus de 300 syndicalistes.

Premiers signataires :

  • Melina Abel – CGT Pellegrin, CHU de Bordeaux – CHU de Bordeaux (33)
  • Hélène Able – Militante CGT – Hospitalisation à domicile (HAD), AP-HP (75)
  • Jude Acali – Militant CGT – Secteur social
  • Helen Adler – Personnel de vie scolaire – Collège public (75)
  • Suzanne Akbas – SUD-Rail – Newrest Wagons-Lits, sous-traitant SNCF (92)
  • Marcel Ali – SUD-Rail – SNCF (75)
  • Malcolm Ali Fils – CGT Educ’action – Éducation nationale (77)
  • Clément Allochon – UD-Rail – SNCF, technicentre de Châtillon (92)
  • Rajaa Aloussi – Militante SNES 93 – Éducation nationale (93)
  • Alexis Antonioli – Militant CGT TotalEnergies, plateforme Normandie – Pétrole (76)
  • Samir Aouam – CGT – AP-HP
  • Annick Armede – Déléguée syndicale CGT – Hôpital Tenon (75)
  • Félix Arnaud-Goddet – Militant FSU-SNUipp
  • Arthur Arroua Vignon – CGT – AP-HP (92)
  • Clémence Artieres – Administratrice CFDT, Hérault Logement, pour Asseco CFDT – CHU de Montpellier (34)
  • Lucylle Atlante – CGT Educ’action
  • Anthony Auguste – Élu SUD-Rail – SNCF (93)
  • Christopher Avenel – Militant CGT – Siemens Gamesa (76)
  • Franck Aversenq – SNASUB-FSU – Université Toulouse-Jean-Jaurès (31)
  • Marie-Pierre Ayaïs – SUD – Banque solidaire
  • Eva Azz – CGT – Éducation (31)

Retrouvez ici la liste complète des signataires.

Recevez Politis chez vous chaque semaine !
Abonnez-vous
Publié dans
Tribunes

Des contributions pour alimenter le débat, au sein de la gauche ou plus largement, et pour donner de l’écho à des mobilisations. Ces textes ne reflètent pas nécessairement la position de la rédaction.

Temps de lecture : 3 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Et si le mouvement lycéen faisait gagner la gauche en 2027 ?
Tribune • 9 octobre 2026

Et si le mouvement lycéen faisait gagner la gauche en 2027 ?

Parti des quartiers populaires, le mouvement lycéen bouscule les codes de la contestation et ravive l’espoir d’une recomposition politique à gauche. Et si cette jeunesse autonome et créative pesait sur les prochaines élections ?
Par Abdel Yassine et Ulysse Rabaté
« La France doit garantir la liberté de circulation de Gustavo Petro, ancien président de Colombie »
Tribune • 7 octobre 2026

« La France doit garantir la liberté de circulation de Gustavo Petro, ancien président de Colombie »

L’ex-chef d’État s’est vu refuser, du fait de son placement sur la « liste Clinton », d’acheter des billets d’avion pour venir en France.De nombreuses personnalités politiques de gauche demandent au gouvernement français d’intervenir.
Par Collectif
Contre la trahison permanente de l’héritage de Gisèle Halimi
Tribune • 5 octobre 2026

Contre la trahison permanente de l’héritage de Gisèle Halimi

Charlotte Gainsbourg incarne l’avocate dans L’Affaire Marie-Claire, sur le procès de Bobigny. Pour l’association Choisir la cause des femmes, cofondée par Gisèle Halimi, le choix de l’actrice, soutien de l’État d’Israël, revient à séparer Gisèle Halimi de son combat pour la Palestine, cause centrale dans sa vie.
Par Ana Cuesta
« Pour que travailler, vivre et s’intégrer ne devienne pas un piège »
Tribune • 2 octobre 2026

« Pour que travailler, vivre et s’intégrer ne devienne pas un piège »

Dans une lettre ouverte, les collectifs mobilisés dans le Briançonnais en soutien aux personnes exilées dénoncent l’arrestation de 6 personnes étrangères sur leur lieu de travail, le 16 septembre dernier.
Par Collectif