Comme en 1968, la jeunesse montre la voie
Une fois de plus, la jeunesse est à l’initiative d’un mouvement social. Les syndicats doivent soutenir le 17 octobre et proposer un plan pour défaire Macron et son austérité, appellent les signataires d’une tribune collective.

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À Saint-Avold, les gilets jaunes reprennent le rond-point Mouvement lycéen : des aînés « fiers » et « admiratifs » Derrière les lycéen·nes, « la daronnerie est en colère »Depuis deux semaines, la jeunesse lycéenne a réveillé la lutte de classes dans le pays. Leurs revendications sont simples mais profondes : elles portent sur leurs conditions d’études, le 8h-18h, la sélection, mais aussi sur l’avenir qui est réservé à la jeunesse, fait de guerres et de misère. Sur les blocus, ce sont nos enfants, nos neveux et nos nièces qui se mobilisent, et qui rappellent qu’il est possible de lutter avec une énergie impressionnante.
La réponse du gouvernement depuis le début de la mobilisation est simple : une répression brutale, qui a mutilé, blessé ou traumatisé des centaines d’adolescents pour tenter de terroriser l’ensemble de la jeunesse. Nous avons déjà vu ce scénario se dérouler sous nos yeux, car c’est celui que réservent les gouvernements macronistes à chaque mouvement qui met en danger son projet anti-ouvrier, incarné aujourd’hui par le budget austéritaire qui se prépare.
Convergences
C’est parce que nous partageons les revendications des lycéens que de premières convergences ont eu lieu avec le monde du travail. Au travers des personnels de l’éducation bien sûr, en première ligne pour défendre leurs élèves, comme à Paul Eluard à Saint-Denis. Mais aussi avec des initiatives de solidarité de raffineurs, de métallos, de soignants et de syndicalistes de différents secteurs au Havre, à Paris et dans de nombreuses villes du pays le 6 octobre.
Pourtant, la réponse de la quasi-totalité des directions syndicales est en décalage complet avec les besoins du moment. La semaine dernière, elles ont appelé à une mobilisation interprofessionnelle le 5 novembre, dans un véritable signal d’abandon de la jeunesse. Une position inacceptable, qui rappelle les pires prises de position des dernières années, comme lors du mouvement des Gilets jaunes, privé de soutien de nos organisations au moment le plus décisif.
Nous refusons de laisser les lycéens isolés.
Militants ouvriers, syndicalistes, élus dans nos entreprises et lieux de travail, nous refusons de laisser les lycéens isolés. À quelques jours du 17 octobre, qui cristallise une colère large face au prix du carburant, nous sommes convaincus que ce mouvement peut être victorieux et permettre de changer le rapport de forces dans le pays. Ce serait un levier essentiel pour affaiblir l’extrême droite.
Aussi, nous appelons nos organisations à se positionner clairement en soutien à la jeunesse et à appeler à la mobilisation nationale à leurs côtés le 17 octobre et après, pour organiser l’affrontement avec le gouvernement. Comme en mai 1968, les travailleurs doivent répondre à l’appel des jeunes, et commencer à se mettre en mouvement par leurs propres méthodes.
Cette tribune a été signée par plus de 300 syndicalistes.
Premiers signataires :
- Melina Abel – CGT Pellegrin, CHU de Bordeaux – CHU de Bordeaux (33)
- Hélène Able – Militante CGT – Hospitalisation à domicile (HAD), AP-HP (75)
- Jude Acali – Militant CGT – Secteur social
- Helen Adler – Personnel de vie scolaire – Collège public (75)
- Suzanne Akbas – SUD-Rail – Newrest Wagons-Lits, sous-traitant SNCF (92)
- Marcel Ali – SUD-Rail – SNCF (75)
- Malcolm Ali Fils – CGT Educ’action – Éducation nationale (77)
- Clément Allochon – UD-Rail – SNCF, technicentre de Châtillon (92)
- Rajaa Aloussi – Militante SNES 93 – Éducation nationale (93)
- Alexis Antonioli – Militant CGT TotalEnergies, plateforme Normandie – Pétrole (76)
- Samir Aouam – CGT – AP-HP
- Annick Armede – Déléguée syndicale CGT – Hôpital Tenon (75)
- Félix Arnaud-Goddet – Militant FSU-SNUipp
- Arthur Arroua Vignon – CGT – AP-HP (92)
- Clémence Artieres – Administratrice CFDT, Hérault Logement, pour Asseco CFDT – CHU de Montpellier (34)
- Lucylle Atlante – CGT Educ’action
- Anthony Auguste – Élu SUD-Rail – SNCF (93)
- Christopher Avenel – Militant CGT – Siemens Gamesa (76)
- Franck Aversenq – SNASUB-FSU – Université Toulouse-Jean-Jaurès (31)
- Marie-Pierre Ayaïs – SUD – Banque solidaire
- Eva Azz – CGT – Éducation (31)
Retrouvez ici la liste complète des signataires.
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