Un perchoir bien doté

Michel Soudais  • 5 mars 2007
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Les députés se réunissent ce mercredi 7 mars pour une élection qui a tout d’une guignolade. L’exercice consiste à élire un successeur à Jean-Louis Debré qui vient d’être nommé à la présidence du Conseil constitutionnel par Jacques Chirac, en récompense d’une fidélité inaltérable.

L’intérêt de cette élection au perchoir est des plus minces, politiquement et institutionnellement parlant. L’Assemblée nationale a suspendu ses travaux le 22 février, pour cause d’élections présidentielle et législatives. Sauf événement exceptionnel, le nouveau président, n’aura donc pas l’occasion d’exercer ses prérogatives. A peine le temps de faire le tour de l’Hôtel de Lassay. Il bénéficiera par contre d’avantages comme la mise à disposition à vie d’un chauffeur et d’une voiture. Un bien joli cadeau qui mobilise pas moins de trois candidats dans les rangs de l’UMP, les autres groupes ayant préféré se tenir à l’écart de cette mascarade.

Et le pire est qu’ils avancent des arguments comme s’il s’agissait d’une vraie campagne. C’est ainsi de Patrick Ollier (Monsieur Alliot-Marie, proche des chiraquiens) promet « une présidence active » … de trois mois. Chapeau l’artiste !

Plus malin, Yves Bur, actuel premier vice-président de l’Assemblée et sarkozyste, assure qu’il n’a « aucune prétention de peser sur les choix futurs » . Comprenez qu’en cas de victoire de la droite, il n’a pas la prétention de garder le perchoir pour les cinq ans qui viennent. La voiture suffira…

A ce compte-là, le candidat le moins embarrassant est un certain Claude Gaillard, premier questeur, qui passe pour ne pas avoir d’affiliation ni auprès des chiraquiens, ni auprès des sarkozystes. Normal, il ne se représente pas en juin. Et ne gênera donc plus personne. Alors, députés de l’UMP, faîtes un geste, pensez à la retraite de ce « godillot ». Pour son départ, offrez-lui une voiture !

Temps de lecture : 2 minutes
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