La Commune d’Oaxaca

Il y a un an, la ville d’Oaxaca se soulevait contre un pouvoir corrompu. L’Assemblée populaire constituée alors se réorganise et fait face à de violentes répressions du gouvernement. Reportage.

Yoran Jolivet  • 24 mai 2007 abonné·es

« Recherche personnel pour la police municipale » . Le nouveau conseil municipal populaire de Zaachila, à quelques kilomètres d'Oaxaca, capitale de l'État du même nom, recrute de nouveaux agents municipaux car l'ancienne équipe est en fuite depuis la prise de la mairie par les habitants, le 7 juillet 2006. Dans cette commune pauvre, où l'école n'a pas de lumière et manque de salles de classe, l'ancien maire arborait une richesse insolente qui lui valut d'affronter la colère du peuple dès les premières heures du soulèvement d'Oaxaca. Le nouveau conseil municipal privilégie désormais les besoins de base avec les moyens dont il dispose : eau potable, voirie et gestion des déchets. Après six mois de travail en toute illégalité, le conseil municipal populaire s'est transformé en conseil légal de transition jusqu'aux élections de l'automne prochain, car l'ancien maire a officiellement démissionné fin janvier. La lutte de Zaachila s'inscrit dans le sillage de l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (Appo), constituée le 14 juin 2006 pour réclamer la démission du gouverneur de l'État, Ulises Ruiz Ortiz, que les médias mexicains surnomment par ses initiales : Uro.

À Zaachila, des professeurs demandent à récupérer leurs postes, confiés à des non-grévistes pendant l’été. YORAN JOLIVET

Élu voici trois ans, Uro a cristallisé toutes les rancoeurs et le désespoir social d'une population rurale fragilisée par les inégalités et excédée par la corruption qui gangrène la justice et la classe politique. En juin 2006, la coupe est pleine. La violente répression d'une grève d'enseignants en lutte pour plus de moyens et un

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