« Le bilan désastreux d’un déni de démocratie »
Retour d’une mission à Gaza, Michel Tubiana, président d’honneur
de la Ligue des droits de l’homme, nous fait part ici de ses impressions et de son analyse.
Le bâtiment neuf et imposant d'Erez ne rend pas plus humain le parking sans abri ou presque, et la voix métallique des haut-parleurs israéliens rend encore plus grotesque le panneau de bienvenue. Les chauffeurs de taxi se mènent une guerre impitoyable pour s'emparer des quelques clients qui arrivent, sortes de fantômes chargés de pauvres biens sortis d'un ailleurs angoissant. L'éternelle attente se double ce jour-là d'un refus d'entrée à Gaza. Nous n'y entrerons que le lendemain grâce à l'efficace intervention d'une des organisations israéliennes de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). Les autorités israéliennes sont passées maîtres dans l'art d'user de l'arbitraire comme une corde qui cisaille les nerfs. Elles manient le mensonge jusqu'à faire de la vérité une des options possibles, rarement celle qu'elles adoptent.
Aucune fouille pour entrer dans Gaza. À l'exception de la rituelle question « Avez-vous des armes ? » , qui s'attire le non moins rituel ricanement, rien d'autre qu'un contrôle de papiers accompagné de trois ou quatre questions posées sur le ton de la routine. Excès de confiance en soi ou certitude que l'on ne peut pas
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