La gauche au défi du productivisme

La croissance est-elle en soi réactionnaire ?

Geneviève Azam  • 27 septembre 2007 abonné·es

Les difficultés de la gauche dans son ensemble sont souvent analysées à partir du basculement d'une partie de la gauche social-démocrate et de ses élites dans le social-libéralisme, dans l'accompagnement consentant ou résigné des politiques néolibérales. Nous ne revenons pas sur cet aspect déjà largement développé, qui s'est cristallisé au moment de la tentative de constitutionnalisation des politiques néolibérales en Europe et de son refus par une « gauche antilibérale ». C'est cette gauche-là, aujourd'hui divisée et éparpillée, qui est à la recherche d'un socle de principes, de repères, de propositions, capables d'affronter la dissolution des valeurs qui l'ont constituée depuis le XIXe siècle et de combattre l'adhésion d'une part des catégories populaires à l'idéologie néoconservatrice. Mais le label « antilibéral », sans compter les ambiguïtés qu'il contient, ne saurait suffire à reconstruire ces repères communs.

Entre autres, il reste un non-dit, un point aveugle, celui du productivisme. Ce dernier consiste à faire de l'augmentation continue de la production et des richesses matérielles un absolu, une finalité indiscutable, quels que soient le contenu de cette production et la manière de l'obtenir. Dans sa version « écologisée », il nourrit l'espoir d'une croissance « verte » avec l'utilisation de technologies propres et la croyance dans les possibilités infinies de substitution du

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