La cité de la seconde chance

La Cité André-Jacomet accueille des sans-abris. Du fait de la nouvelle loi,
les hébergés peuvent désormais rester le temps qu’ils veulent. Reportage.

Olivier Doubre  • 22 novembre 2007 abonné·es

Dix-neuf heures : la nuit est particulièrement froide, ce soir de novembre. Peu de gens déambulent sur les trottoirs sombres du boulevard Ney, à l'extrême nord de la capitale. Quelques personnes fument devant la porte éclairée du n° 17. Comme dans tous les lieux recevant du public, la Cité André-Jacomet (du nom de son fondateur, ancien vice-président du Secours catholique) est, depuis le 1er février 2007, un espace non-fumeur.

Le directeur, Luc Monti, est encore dans son bureau à cette heure tardive. Il est heureux de faire visiter ce centre, dont la rénovation a été achevée fin 2004. Sur trois étages, les chambres sont regroupées par petites unités. La propreté est partout visible, et chaque étage compte une chambre équipée pour les personnes à mobilité réduite. Le centre étant un des rares à disposer d'un ascenseur, beaucoup de handicapés y sont hébergés. Pour l'instant, et ce depuis sa création, « la Cité » n'accueille que des hommes seuls, au nombre de 140 depuis la fin des travaux. Dès qu'une place se libère, un fax est envoyé au 115 (le centre d'appel du Samu social de Paris), qui oriente alors une personne en attente d'hébergement. La Cité André-Jacomet, qui dépend de

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Société
Temps de lecture : 7 minutes

Pour aller plus loin…

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel
Analyse 27 mars 2026 abonné·es

Loana Petrucciani : l’exploitation des femmes pauvres par la téléréalité est un spectacle mortel

L’histoire de la première vedette française de télé-réalité rappelle ce que la notoriété fait aux femmes : elle les tue, réellement ou symboliquement, comme pour expier la misogynie d’une société entière.
Par Nesrine Slaoui
« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »
Entretien 27 mars 2026 abonné·es

« Il fallait que Loana meure pour qu’on en parle vraiment »

Le décès de Loana Petrucciani ravive un malaise collectif longtemps tu. L’essayiste Rose Lamy décrypte comment le mépris de classe a façonné la trajectoire d’une femme déplacée dans un monde qui ne voulait pas vraiment d’elle.
Par Juliette Heinzlef
« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »
Entretien 26 mars 2026 abonné·es

« L’Union européenne et ses États membres rêvent de camps pour des dizaines de milliers de personnes »

Marie-Laure Basilien Gainche, professeure de droit public analyse en quoi le règlement « Retour » voté aujourd’hui par le Parlement européen bafoue des droits fondamentaux. Pour elle, ces derniers sont perçus « comme des contraintes » par l’Union européenne dans la mise en œuvre de ses politiques d’éloignement.
Par Pauline Migevant
« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »
La Midinale 20 mars 2026

« Le 21 mars, à Nanterre, nous marcherons pour Nahel et contre les violences policières »

Samedi 21 mars, à 14 h 30, une marche pour Nahel et contre les violences policières se lancera depuis les abords du lycée Joliot-Curie à Nanterre. Après la requalification du meurtre en violences (mais avec le pourvoi en cassation du parquet), Mornia Labssi, militante antiraciste et co-organisatrice de la marche, est l’invitée de « La Midinale ».
Par Pablo Pillaud-Vivien