Le sang de l’eldorado

Prenant la suite de François-Xavier Verschave, décédé en 2005, Gilles Labarthe, journaliste suisse, dénonce dans un livre les conséquences désastreuses du commerce de l’or en Afrique. Plongée dans un dédale aux extensions planétaires.

Xavier Frison  • 22 novembre 2007 abonné·es
Le sang de l’eldorado
L'Or africain, pillage, trafics et commerce international, éditions Agone, 222 p., 12 euros.

ARCSF, arcsfrance@yahoo.fr

Devinette : qu'est-ce qui dort dans les banques occidentales, magnifie décolletés et annulaires délicats de Paris à Tokyo tout en dégageant l'odeur mêlée du sang, de la sueur et de la plus vile barbouzerie ? Les forts en énigmes auront identifié l'or, objet de toutes les convoitises, enfoui principalement dans les entrailles de l'Afrique. Des sous-sols du continent noir aux bureaux feutrés des grossistes suisses, le chemin parcouru par une des denrées les plus recherchées au monde suit un parcours à la fois simplissime et odieux. L'Or africain , minutieuse enquête du journaliste suisse Gilles Labarthe, menée dans la continuité du travail de François-Xavier Verschave, président de l'association Survie décédé en 2005, plonge dans le dédale de ce business mondial où chacun ripaille outrageusement sur le dos du Mali, du Ghana, de la République démocratique du Congo (RDC) ou du Zimbabwe.

Le principe, donc, est limpide : investir le minimum en termes d'infrastructures, extraire un maximum d'or, au mépris de toute considération écologique ou sociale, et anticiper l'épuisement de la ressource pour filer à l'anglaise vers un nouvel eldorado. Sans oublier de laisser une belle ardoise de taxes impayées aux autorités nationales en guise de viatique.

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)
Temps de lecture : 6 minutes