L’individu en régime néolibéral

Le libéralisme contemporain a soumis la liberté fondamentale de l’individu à la liberté débridée du marché, bafouant les droits les plus élémentaires de la personne. Claude Calame* se réfère à la Déclaration des droits de l’homme pour redonner tout son sens à la notion d’individu.

Claude Calame  • 4 janvier 2008 abonné·es

«Le rêve américain, c’est la liberté d’être un homme libre », Johnny Hallyday ( 20 Minutes du 12 novembre 2007, rubrique « Culture »…).

«Je ne le répéterai jamais assez : la clé absolue, la liberté d’un pays, c’est sa compétitivité », Jacques Attali ( Le Point , 22 novembre 2007).

Propriété privée, police privée, sphère privée, société privée, secteur privé : issu du libéralisme du siècle des Lumières, le régime idéologique dominant a restreint la définition de l’individu au seul domaine du privé. Voiture individuelle contre transports publics, assurance privée contre Sécurité sociale, salaire au mérite contre classes salariales, l’individu ne pourrait exercer la liberté qui le fonde en tant que tel que s’il est affranchi des contraintes du secteur public. Certes, l’individu moderne, tel qu’il est consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH), jouit de la liberté de pensée, de conscience et de religion ; c’est dire qu’on lui attribue la liberté de disposer de sa personne.

Définissant l’individu en tant que personne, cette liberté fondamentale ne peut se réaliser sans s’appuyer sur un certain nombre de droits. Ces droits assurent à l’individu, homme ou femme, l’égalité civique, la personnalité juridique, la liberté de ses choix politiques, culturels et religieux : des droits universellement partagés. Mais est-ce bien suffisant ? Donnant les règles du marché comme fondement de toute communauté humaine, ayant

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