Métro, boulot, mille euros

La journaliste Elsa Fayner a partagé pendant trois mois le quotidien
des salariés qui se « lèvent tôt ». Elle publie une longue enquête qui dépeint les conditions de vie des travailleurs pauvres.

Xavier Frison  • 14 février 2008 abonné·es
Métro, boulot, mille euros
© Et pourtant je me suis levée tôt... Une immersion dans le quotidien des travailleurs précaires, Elsa Fayner, Panama, 172 p.,15 euros. Lire aussi : l'Amérique pauvre, Barbara Ehrenreich (voir portrait dans *Politis* n° 793-796), Grasset, 336 p., 18,90 euros.

Manutentionnaires, caissières, employés de rayon manifestaient en masse le 1er février dernier. Contre les salaires de misère, les conditions de travail indignes et le travail le dimanche. Échanger avec les grévistes donnait un aperçu édifiant de vies aux horaires impossibles, au stress permanent, aux difficultés physiques patentes, le tout pour environ 1~000 euros net par mois (voir Politis n° 988). La journaliste indépendante Elsa Fayner a choisi de partager pendant trois mois le quotidien de ces salariés suspendus au Smic horaire. Si l'auteur prévient d'emblée qu'il ne s'agissait pas « de se prendre pour un travailleur précaire [...] et de rentrer chez soi trois mois plus tard pour retrouver son confort » , l'immersion et le temps long du reportage lui ont permis d'entrevoir la réalité avec plus d'acuité.

Avec les caissières et employés de rayon, les manutentionnaires dénoncent leurs conditions de travail. GUAY/AFP

À Lille, Elsa a connu trois boulots~: télévendeuse, employée de cafétéria chez Ikea et employée d'étage dans un hôtel. Ce dernier symbolise la mue du marché du travail~: « L'hôtel

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