« Un système ni éducatif ni économique »

Éducateur à la Protection judiciaire de la jeunesse et représentant syndical*, Carlos Lopez critique le dispositif d’établissements pénitentiaires pour mineurs à l’heure où certains professionnels disent leur refus d’y travailler.

Xavier Frison  • 21 février 2008 abonné·es
« Un système ni éducatif ni économique »
© Carlos Lopez est représentant Île-de-France du syndicat national des personnels de l'éducation et du social : SNPES-PJJ/FSU Île-de-France, 01~42~60~11~49,

Tout va très bien, madame la Marquise. C'était, en substance, le message délivré par la garde des Sceaux, Rachida Dati, en visite le 9 février dernier dans l'établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Meyzieu, près de Lyon. Une semaine avant, un adolescent s'y était suicidé.Les professionnels de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) critiquent un dispositif inadapté, aux visées idéologiques. Un manifeste pour mineurs en danger circule (http://pays-de-la-loire.emancipation.fr), où des professionnels disent leur refus de travailler en EPM et de «~contribuer à l'illusion pédagogique qui consiste à faire croire qu'une action éducative est possible en prison~» .

Dans le centre éducatif fermé de Saint-Venant, en juillet 2006. charlet/afp

Que reprochez-vous aux EPM ?

Carlos Lopez : Leur principe même. C'est une prison qui ne dit pas son nom, avec un habillage éducatif. C'est tout le contraire d'un lieu qui peut aider les adolescents à se reconstruire. Dire qu'une prison est éducative et qu'elle n'est pas une prison, c'est un mensonge. On reproduit les recettes du passé, les prisons pour mineurs, qui ont déjà échoué. Les gamins qui sont incarcérés ne savent pas s'ils sont dans une prison ou dans un foyer. Les éducateurs de

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